Dimanche, 22 Juillet, 2018

La réaction inquiétante de Pyongyang après la visite de Pompeo — Dénucléarisation

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo salue Kim Yong Chol, bras droit du numéro un nord-coréen avant une rencontre à Pyongyang le 6 juillet 2018 Divergences après la rencontre entre Pyongyang et la diplomatie américaine
Manon Joubert | 12 Juillet, 2018, 00:20

Vendredi, Kim Yong Chol avait salué Mike Pompeo à son arrivée à Pyongyang et ouvert les discussions, relevant qu'il s'agissait de la troisième visite en Corée du Nord du responsable américain. "Ce sont des questions complexes, mais nous avons réalisé des progrès sur presque tous les points centraux, sur certains beaucoup de progrès; sur d'autres, il y a encore du travail à faire". Le vice-président du comité du parti unique et ancien chef des services de renseignement nord-coréens a joué un rôle-clé dans l'organisation du sommet du 12 juin à Singapour entre le président américain et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

"Notre politique n'a pas changé", a-t-elle assuré à plusieurs reprises. Il a ensuite quitté rapidement le pays, sans parler aux journalistes.

Lorsque les négociateurs se sont ensuite rencontrés samedi matin, Kim Yong-chol a supposé que Pompeo aurait dû avoir mal dormi pendant la nuit, réfléchissant à leurs discussions du vendredi. Alors que M. Pompeo parlait d'échanges productifs, son homologue lui dénonçait des demandes avides des USA.

"Le CD "Rocket Man" a été un sujet de discussion lors du déjeuner entre Trump et Kim (.) Trump a demandé à Kim s'il connaissait la chanson et Kim a répondu non", a expliqué un diplomate anonyme.

"Il y a des choses que je dois clarifier moi aussi", a ajouté M. Pompeo.

Les commentaires négatifs de la Corée du Nord après la rencontre avec Mike Pompeo sont comme une piqûre de rappel de la difficulté éprouvée par de précédentes administrations américaines à négocier avec Pyongyang.

Les sanctions qui visent l'économie générale de la Corée du Nord sont incompatibles avec les droits de l'Homme et doivent être levées, a encore dit M. Ojea Quintana.

Mike Pompeo venait à peine de quitter Pyongyang sur ces paroles optimistes que le ministère nord-coréen des Affaires étrangères s'est empressé de critiquer l'attitude "extrêmement regrettable" des Etats-Unis, accusés d'employer des méthodes "de gangster".

Selon la porte-parole américaine Heather Nauert, les deux hommes ont convenu de mettre en place des groupes de travail afin de convenir des "détails pratiques" pour tenir les promesses faites à Singapour.

Le communiqué signé par MM. Il avait dans sa poche un petit cadeau pour Kim Jong-un, préparé spécialement par Donald Trump en personne: une copie du CD "Rocket Man" d'Elton John.

Une formulation vague qui a déçu les attentes d'experts, d'autant qu'elle ne fait pas mention de la nécessité que ce processus soit aussi "vérifiable et irréversible", comme le réclamaient les Etats-Unis.

Cela impliquerait de la part de M. Kim une déclaration détaillée sur son arsenal nucléaire et son programme d'enrichissement de l'uranium et l'acceptation d'un calendrier pour son démantèlement, sous inspection.