Mercredi, 19 Septembre, 2018

Du rosé espagnol maquillé en vin français : des millions de bouteilles concernées

Fraude sur le rosé français: L'impact pour nous est catastrophique Fraude sur le rosé français: L'impact pour nous est catastrophique
Napoleon Lievremont | 10 Juillet, 2018, 01:40

Cette administration avait ouvert une enquête en 2016, qu'elle a poursuivie en 2017, après avoir reçu des alertes fin 2015 sur la "francisation" de vins espagnols.

Alexandre Chevallier, le directeur de cabinet adjoint de la DGCCRF explique au quotidien que " ces cas de francisation concernent plus de 70 000 hectolitres de vin". Surtout lorsque des rosés espagnols tentent de se faire passer pour des vins français.

Et si votre bouteille de rosé, affublée d'un drapeau bleu-blanc-rouge, n'était en fait qu'un vin espagnol?

"Selon les établissements, les quantités de vin présentées frauduleusement allaient de 2.000 hectolitres à 34.500 hectolitres".

Le Parisien précise que 22 % des établissements contrôlés présentaient une anomalie d'étiquetage.

Une fleur de lys, une cocarde française, la mention "Produced in France " ou encore la mention "Embouteillé en France " étaient mises en avant alors que la mention d'origine "Vin d'Espagne " ou "Vin de la communauté européenne " figurait au dos de la bouteille et de façon peu lisible, indique le rapport.

Dans certains, les enquêteurs ont constaté des manquements comme " l'absence de mention d'origine du vin sur la carte des vins, alors que la confusion est entretenue par l'utilisation de dénominations commerciales à consonance française ". "Une question de prix!", a répondu à l'AFP Jérôme Despey, le secrétaire général du syndicat agricole FNSEA et viticulteur dans l'Hérault.

Dans près d'un établissement contrôlé sur cinq, le rosé présenté comme français était en réalité espagnol... et beaucoup moins cher, puisque en 2016 le rosé en vrac espagnol se vendait à 0,34 euro/litre pour 0,75 à 0,90 euro/litre pour le rosé français, selon le quotidien.

Une distorsion de concurrence due en grande partie à d'importants excédents de production en Espagne en 2016, qui se sont traduits par des baisses de prix. Plus de 2.400 établissements ont ainsi été contrôlés.

Les ministres de l'Agriculture français et espagnol s'étaient rencontrés il y a presque un an jour pour jour à Paris, pour tenter d'enterrer la hache de guerre.

Des injonctions de mises en conformité, des procès-verbaux et des procédures pénales pour tromperie ont été lancés, précise Le Parisien.