Mardi, 13 Novembre, 2018

Donald Trump torpille le projet de Brexit de Theresa May

Royaume-Uni: Donald Trump arrive dans un contexte hostile Monde Royaume Uni: Donald Trump arrive dans un contexte hostile Monde Theresa May obligée d'être obligeante
Manon Joubert | 14 Juillet, 2018, 01:07

Au deuxième jour d'une visite marquée par de nombreuses manifestations hostiles, le président américain a opté pour un ton conciliant sur la façon dont il voyait la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Le président américain "apprécie et respecte beaucoup" la Première ministre britannique, a dit Sarah Sanders, soulignant que Trump n'a "jamais rien dit de mal" à propos de May.

Le plan que Mme May a proposé à Bruxelles prévoit de maintenir des liens étroits avec l'UE à 27 en matière de commerce de biens, en instaurant une nouvelle "zone de libre-échange" qui reposerait sur un ensemble de règles communes concernant les biens et le secteur agro-alimentaire.

Le secrétaire d'État britannique aux Affaires étrangères Alan Duncan a aussi essayé de dédramatiser.

De quoi jeter un froid lors des discussions bilatérales avec Theresa May prévues vendredi à Chequers, la résidence de campagne des Premiers ministres britanniques, au nord-ouest de Londres.

Anthony Gardner, l'ancien ambassadeur du président Barack Obama auprès de l'UE, a jugé les déclarations de M. Trump "totalement inacceptables" et "sans précédent" en pleine visite officielle.

"Lorsque le Royaume-Uni quittera l'Union européenne, nous chercherons à établir un accord de libre-échange Royaume-Uni/Etats-Unis ambitieux", a renchéri Mme May.

Boris Johnson "ferait un bon Premier ministre (.) Il a tout ce qu'il faut", déclare Donald Trump dans l'entretien au Sun, ajoutant espérer que Johnson revienne au sein du gouvernement britannique.

La nouvelle sortie de M. Trump constitue une claque d'autant plus cinglante pour Mme May que, jeudi soir, elle lui a déroulé le tapis rouge et a vanté la force du lien transatlantique.

Les États-Unis et le Royaume-Uni ne sont pas seulement "les plus proches alliés, mais aussi les amis les plus chers", a-t-elle déclaré en accueillant le président américain et son épouse Melania pour un dîner au palais de Blenheim, résidence de campagne près d'Oxford, où étaient également invités de nombreux représentants du monde économique.

Au même moment, à Washington, 12 agents des services de renseignement russe ont été inculpés pour le piratage du parti démocrate avant la présidentielle de 2016, une annonce qui pourrait avoir un fort retentissement sur la dernière étape en Europe de M. Trump, qui doit rencontrer Vladimir Poutine à Helsinki lundi.

Dans la matinée, un ballon géant représentant un Donald Trump en couche-culotte a flotté dans le ciel londonien près du Parlement.

Le tête-à-tête très attendu, qui sera suivi d'une conférence de presse commune, s'annonce particulièrement délicat pour le 45e président des Etats-Unis.

La télévision publique allemande s'est amusée à photomonter le président des Etats-Unis Donald Trump lors de son passage à Londres le 13 juillet.

Peter Nicholls / Reuters Plusieurs personnes manifestent à Londres depuis l'arrivée du président américain.