Mardi, 13 Novembre, 2018

Accord entre Merkel et son ministre de l'Intérieur — Migrants

MIGRANTS MERKEL ANNONCE DES ACCORDS BILATÉRAUX AVEC 14 ETATS MEMBRES DE L'UE MIGRANTS MERKEL ANNONCE DES ACCORDS BILATÉRAUX AVEC 14 ETATS MEMBRES DE L'UE
Manon Joubert | 03 Juillet, 2018, 08:25

Avant, en fin de compte, de suspendre sa décision.

" J'ai dit que je remettais les deux postes à disposition et que j'exécuterai cette décision dans les trois jours à venir ", a-t-il déclaré dans la nuit, laissant donc entendre que l'incertitude pourrait encore durer, alors que le conflit entre dans sa quatrième semaine.

"Après des négociations intensives (.) nous sommes tombés d'accord" sur des mesures pour réduire l'immigration illégale, a affirmé de son côté le ministre, qui préside le parti bavarois très conservateur CSU.

Peu avant la rencontre d'Angela Merkel et du ministre allemand de l'Intérieur Horst Seehofer, ce dernier a accordé une interview au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung dans laquelle il a fait remarquer qu'il ne laisserait pas la chancelière qui ne l'est devenue que grâce à lui le pousser hors du gouvernement. M. Seehofer a évoqué trois scénarios pour la suite, indiquant qu'il pouvait rentrer dans le rang, passer outre les objections d'Angela Merkel et imposer les refoulements aux frontières - ce qui entraînerait probablement l'éclatement du gouvernement- ou démissionner. Option qu'il privilégie donc à ce stade. Dans pareil cas, la chancelière se verrait privée de majorité à la chambre des députés, avec sans doute à la clé des élections anticipées.

Ce compromis garantit le principe de libre circulation au sein de l'Union tout en permettant à l'Allemagne de prendre des " mesures nationales " pour limiter les arrivées de migrants, a assuré Angela Merkel, en référence aux souhaits de la CSU.

Il ne sera pas aisé toutefois lundi de trouver un terrain d'entente entre les deux formations longtemps alliées mais aujourd'hui largement ennemies. Le ministre de l'Intérieur menaçait alors de fermer les frontières allemandes si un accord sur la crise migratoire n'était pas trouvé avant la fin du mois de juin au niveau européen.

Si l'intéressé s'est montré aussi intransigeant, c'est aussi que son conflit avec Mme Merkel est quasi-permanent depuis la décision de la chancelière en 2015 d'ouvrir l'Allemagne à des centaines de milliers de candidats à l'asile. Cela fait maintenant trois ans que la CSU dénonce ce choix et milite pour davantage de fermeté en matière d'asile.

Mais celui-ci s'inquiète pour son parti qui risque de perdre sa majorité absolue lors d'élections régionales en automne en raison de la percée attendue de l'extrême droite. Mais Mme Merkel a refusé au nom de la cohésion européenne. Le ministre de l'Intérieur et chef de file des conservateurs bavarois, Horst Seehofer, lui avait posé un ultimatum.

Cette réunion était convoquée pour discuter de la question de savoir si le plan migrant ramené du dernier Conseil européen de Bruxelles par Angela Merkel était acceptable. Parmi eux figurent selon Berlin notamment la France mais aussi de farouches opposants à la généreuse politique d'accueil des réfugiés décidée par Mme Merkel en 2015, comme la Pologne, la République tchèque ou la Hongrie. Quelle que soit l'issue du conflit, la dirigeante conservatrice, au pouvoir depuis plus de 12 ans, n'a jamais semblé aussi fragilisée politiquement.

La chancelière allemande Angela Merkel a réussi à sauver son gouvernement en acceptant de renoncer définitivement à sa politique migratoire généreuse, mais ce répit pourrait n'être que de courte durée.

Le ministre n'a pas voulu céder. La veille, il avait offert sa démission, faute de pouvoir à ses yeux trouver un compromis avec la chancelière.

3 - Le conflit porte-t-il seulement sur les migrants?

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Il est plus profond.

Ce qui est important pour Angela Merkel pour l'instant: elle a le soutien des parlementaires CDU.

Le compromis trouvé prévoit l'instauration de "centres de transit" à la frontière entre l'Allemagne et l'Autriche.

C'est ce que sont en train de vivre l'Allemagne et sa chancelière Angela Merkel.

En attendant, la fragile coalition péniblement mise en place en mars, réunissant droite bavaroise, démocrates-chrétiens CDU et sociaux-démocrates, est en sursis.