Dimanche, 22 Juillet, 2018

Un sommet organisé à Bruxelles ce dimanche — Asile et migrations

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmmanuel Macron le 19 juin 2018 au palais de Meseberg La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmmanuel Macron le 19 juin 2018 au palais de Meseberg
Manon Joubert | 25 Juin, 2018, 01:33

"Le mini-sommet de dimanche est inacceptable, nous n'allons pas y participer, ils veulent réchauffer une ancienne proposition que nous avons déjà refusée", a souligné le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki à l'issue d'une réunion avec ses homologues hongrois, tchèque et slovaque à Budapest.

BRUXELLES/ROME, 21 juin (Reuters) - L'incertitude règne avant le "mini-sommet" sur l'immigration qui doit se tenir dimanche à Bruxelles, tant les priorités des uns et des autres semblent inconciliables.

La rencontre de dimanche devrait se conclure par "un résumé des positions exprimées", fait par la Commission, selon une source européenne.

La chancelière allemande Angela Merkel a plaidé dans le même sens.

Ce dernier exige un renforcement de la législation sur les demandeurs d'asile.

Emmanuel Macron a voulu épauler mardi la chancelière fragilisée, en annoncant avec elle qu'ils travaillaient à un accord entre plusieurs pays de l'espace Schengen pour pouvoir effectivement renvoyer tout demandeur d'asile vers l'Etat où il a été enregistré en premier.

Rome qui, selon les critères de Dublin, se retrouverait obligé de réaccueillir des centaines de milliers de migrants passés par l'Italie, a brièvement fait planer jeudi la menace de boycotter ce mini-sommet, estimant que les conclusions de cette rencontre sont déjà écrites et ne répondent pas à ses exigences, avant de finalement confirmer sa présence.

"La chancelière a clairement dit qu'il y avait eu un 'malentendu'. Le projet de texte rendu public hier sera mis de côté", a ajouté le chef du gouvernement italien, confirmant qu'il se rendrait donc à Bruxelles dimanche.

Dans un communiqué, la Commission de l'Union européenne (UE) a indiqué: " Le président Juncker invite à une réunion de travail informelle sur les sujets des migrations et de l'asile un groupe d'Etats membres intéressés", précisant que la réunion " se tiendra au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement ".

Les pays européens ne parviennent toujours pas à s'entendre sur une politique migratoire commune depuis que plus d'un million de personnes ont afflué vers l'UE en 2015.

Des divergences encore été illustrées par l'errance en Méditerranée de l'Aquarius, ce navire avec 630 migrants à son bord, auquel l'Italie a refusé d'ouvrir ses ports en dénonçant le manque de solidarité de ses voisins européens face à la pression migratoire.

"La solution que nous devons aujourd'hui réussir à porter est une solution européenne, elle se construira uniquement sur la coopération entre les Etats membres de l'UE, que ce soit une coopération à 28 ou entre plusieurs Etats qui décident d'avancer ensemble", a affirmé Emmanuel Macron, en réclamant des mesures respectant "les valeurs de l'Europe" et citant "les droits de l'homme" ainsi que le respect et "la solidarité" entre Etats membres.

Illustration des tensions autour de la crise migratoire, le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini a accusé l'ONG allemande Mission Lifeline d'avoir sciemment ignoré les consignes des autorités italiennes et libyennes en recueillant jeudi 226 migrants au large de la Libye. Et vendredi soir, le ministre italien des Transports Danilo Toninelli, annonçait le refus maltais d'accueillir le Lifeline.

Matteo Salvini a annoncé ce mois-ci que les navires des ONG, accusées de complicités avec les passeurs, ne seraient plus autorisés à accoster en Italie.

L'Italie a dans le passé déjà saisi les bateaux des ONG qui viennent en aide aux migrants au larges des côtes libyennes.