Mardi, 13 Novembre, 2018

Un mini sommet européen pour apaiser les tensions — Migrants

Bruxelles : la question migratoire au centre d'une vive polémique entre la France et l'Italie Crise des migrants : Macron et Merkel prêts à réduire leurs exigences
Manon Joubert | 27 Juin, 2018, 01:44

"Si pour l'arrogant président français ce n'est pas un problème, nous l'invitons à cesser ses insultes et à prouver sa générosité par les faits en ouvrant les nombreux ports français et en cessant de refouler hommes, femmes et enfants à Vintimille, à la frontière franco-italienne".

Et alors que l'Italie et Malte lui ont interdit d'accoster, le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini s'est envolé lundi matin pour la Libye pour rencontrer les autorités du pays sur la question des migrants.

La réunion informelle de dimanche à Bruxelles n'a pas débouché sur des mesures concrètes, mais elle a été jugée " utile ", a estimé à son issue le président français Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron a déclaré qu'il est aujourd'hui important de réussir une solution européenne. Un dispositif qui sera valable dans le cas d'une coopération à 28 ou entre plusieurs Etats voulant avancer ensemble.

Le sommet à 28 des 28-29 juin à Bruxelles devait initialement trouver un compromis dans ce dossier, mais cette perspective a été abandonnée. En accord avec l'Allemagne et l'Espagne, la France va proposer à ses partenaires européens dimanche d'"européaniser" la gestion des migrants, pour l'accueil, l'examen des dossiers ou leur "reconduite" dans leur pays d'origine, a expliqué l'Elysée samedi. Contre l'avis d'une chancelière fragilisée, qui souhaite des décisions concertées avec ses voisins.

Les quatre pays du groupe de Visegrad ont boycotté ce sommet: la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie, ainsi que les trois États baltes l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie.

Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a dévoilé une liste de propositions pour répondre aux flux de migrants, suggérant notamment des "centres de protection internationaux" dans les pays de transit. En revanche, Paris veut que cette politique soit européenne, refusant le contrôle unilatéral aux frontières que prônent les pays de Visegrad, ainsi que les ministres de l'Intérieur d'Italie, d'Autriche et d'Espagne.

Ce mini-sommet se déroule sur fond de tensions européennes, depuis l'odyssée du navire Aquarius et de ses 630 migrants.

Le ton était pourtant une nouvelle fois monté samedi quand le gouvernement italien avait fustigé l'"arrogance" d'Emmanuel Macron, après sa proposition de "centres fermés" pour les migrants dans les pays de première arrivée. "La France n'a de leçons à recevoir de personne", a-t-il ajouté en soulignant que l'Hexagone est le deuxième pays d'accueil des demandeurs d'asile cette année.

Désormais tous d'accord pour renforcer les frontières extérieures de l'UE, les Européens n'en finissent plus de se diviser sur leurs responsabilités dans la prise en charge des migrants tentant de rejoindre l'Europe, comme de ceux s'y trouvant déjà. Et ce malgré la chute massive des arrivées sur les côtes européennes constatée depuis 2016.

A côté de l'option avancée par Paris, Berlin et Madrid sur la question migratoire, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui plaidé dans la semaine pour la mise en place de "plateformes régionales de débarquement" hors de l'UE pour distinguer les migrants économiques et ceux qui peuvent prétendre à l'asile.

Ces projets en gestation visent à pouvoir distinguer en amont, avant les périlleuses traversées de la Méditerranée, quels migrants sont effectivement éligibles au droit d'asile et à décourager les autres de tenter le périple.