Mercredi, 17 Octobre, 2018

Trump et Kim Jong-un sont arrivés tous deux

Kim Jong Un et Xi Jinping affichent leur entente retrouvée Monde Kim Jong Un et Xi Jinping affichent leur entente retrouvée
Manon Joubert | 12 Juin, 2018, 01:13

Kim Jong-un a également été vu lundi sur le Jubilee Bridge, avant de se diriger avec le ministre vers le luxueux hôtel-casino Marina Bay Sands, bâtiment emblématique de la ville, une image qui contraste avec la situation de son pays, dont la population ordinaire ne peut pas sortir.

En jeu, les ambitions atomiques de Pyongyang, sous le coup de sanctions internationales draconiennes imposées au fil des années et des crises par le Conseil de sécurité de l'ONU. Au-delà de la photo des deux dirigeants réunis, inimaginable il y a quelques mois encore lorsqu'ils étaient engagés dans une inquiétante surenchère verbale, un énorme point d'interrogation pèse sur l'issue de ce tête-à-tête que le monde entier observera à la loupe. Le président des Etats-Unis réclame une dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible" de la Corée du Nord. Pyongyang s'est déclaré favorable à une dénucléarisation de la péninsule, mais cette formule très vague laisse la place à d'innombrables interprétations.

"Kim Jong Un dispose bien d'un avion qui aurait pu le conduire jusqu'à Singapour, mais il s'agit d'un vieil appareil de fabrication soviétique, comiquement surnommé " Air Force Un ".

Personnage central de ce dialogue, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui a rencontré Kim Jong Un à deux reprises, s'est dit "très optimiste quant aux chances de réussite".

" La Chine doit faire preuve de vigilance face aux ruses possibles de la Corée du Sud et des Etats-Unis", a mis en garde lundi le même expert chinois, Lu Chao, dans le quotidien officiel Global Times. Ce sommet a pris forme un soir de mars à la Maison Blanche lorsqu'un émissaire sud-coréen a transmis une invitation de Kim Jong Un que Donald Trump a acceptée sur-le-champ, à la surprise générale.

"Les gens parlent d'un sommet historique (.) Mais il est important de garder à l'esprit que ce sommet était possible pour tout président américain qui aurait souhaité le faire et qu'aucun ne l'a souhaité, pour de bonnes raisons", souligne Christopher Hill, ancien négociateur américain sur le dossier. L'ex-coéquipier de Michael Jordan aux Chicago Bulls s'est rendu cinq fois à Pyongyang depuis l'arrivée au pouvoir de Kim, grand fan de basket, qu'il appelle son "ami pour la vie".

Donald Trump ne croyait pas si bien dire en évoquant dans un tweet, lundi matin, l'"excitation dans l'air" à Singapour.

Recourir aux services de l'aviation chinoise peut pour Kim Jong Un être d'ordre purement pratique, " mais en même temps c'est un geste symbolique pour montrer à son peuple que la Chine soutient la Corée du Nord et qu'elle sera à ses côtés si jamais le processus de dénucléarisation avec les Etats-Unis ne fonctionnait pas", analyse Koh Yu-hwan, spécialiste de la Corée du Nord à l'Université Dongguk de Séoul.