Mercredi, 15 Août, 2018

"Petite martyre de l'A10": les parents mis en examen

Edition numérique des abonnés «Petite martyre de l'A10» morte en 1987 : les parents placés en garde à vue
Manon Joubert | 15 Juin, 2018, 00:56

Le procureur a dévoilé de nombreux éléments sur l'identité de la fillette de 4 ans, et sur les déclarations de ses parents qui, en garde à vue, ont tous les deux nié avoir tué leur fille. Ses deux parents, identifiés après près de 31 ans d'enquête, ont été mis en examen, jeudi, pour "meurtre", "recel de cadavre" et "violence sur mineur", deux jours après leur arrestation.

Le procureur de Blois Frédéric Chevallier a annoncé qu'il donnera une conférence de presse dans l'après-midi.

L'affaire de la "petite martyre de l'A10" avait fortement secoué l'opinion publique dans les années 80. En utilisant l'ADN du frère, les enquêteurs ont pu alors identifier et retrouver la trace des parents, un couple de sexagénaires, originaires du Maroc qui ont eu sept enfants. Les enquêteurs ont recoupé les données des allocations familiales pour déterminer qu'un enfant du couple n'était plus recensé.

Selon une proche du dossier, le père reconnaît des maltraitances de la mère sur l'enfant ayant entraîné la mort. Interpellés mardi dans l'Aisne et en région parisienne, ses parents, aujourd'hui âgés de 66 et 64 ans, vivent séparés depuis 2010.

La mère indique de son côté avoir été victime des violences de son mari, mais ne s'exprime pas sur le décès de la petite Inass. Il raconte avoir trouvé la fillette morte en rentrant à son domicile le 10 août 1987 et avoir été "suffisamment lâche pour ne pas faire autre chose que de partir vers le Maroc", abandonnant le corps enmailloté sur la route "au petit matin", alors que ses autres enfants se trouvaient dans la voiture. Les expertises avaient révélé que son corps portait des traces de brûlures dues à un fer à repasser et que les cicatrices et plaies de morsures humaines avaient été provoquées par une petite mâchoire qui pouvait être celle d'une femme.

Le juge d'instruction avait précisé à l'époque qu'il s'agissait "pratiquement d'un cas d'anthropophagie avec prélèvement de chair".

A l'époque de la découverte de la "petite martyre de l'A10", la gendarmerie avait lancé la plus grande diffusion judiciaire jamais entreprise en France. Près de 65 000 écoles avaient été visitées à la rentrée scolaire, et 6000 médecins ou assistantes maternelles avaient été rencontrés pour essayer de donner un nom à cette jeune victime. Le signalement de la fillette avait également été diffusé dans plus de 30 pays.

Une ordonnance de non-lieu avait été rendue en octobre 1997, après des recherches infructueuses, laissant cette affaire non résolue. Sur le monument funéraire est gravée une simple inscription: "Ici repose un ange".