Lundi, 16 Juillet, 2018

Paris et Berlin réclament un budget commun de la zone euro

La coalition de Merkel menacée d'éclatement sur la question des migrants Allemagne : le ministre de l’Intérieur menace de fermer les frontières allemandes
Manon Joubert | 20 Juin, 2018, 17:49

Après des années de politique favorable à l'accueil des clandestins, Angela Merkel est contrainte de céder aux pressions du ministre de l'Intérieur Horst Seehofer et à changer de cap.

"Le peuple allemand est en train de se retourner contre ses dirigeants" sur l'immigration, s'est félicité le président américain sur son compte twitter.

Les chefs d'État allemand et française ont tenu un discours commun sur l'immigration.

Le litige en question est né de la volonté de l'Union chrétienne sociale (CSU), membre de la coalition gouvernementale, de refouler aux frontières allemandes tout migrant ayant déjà déposé une demande d'asile dans un autre pays membre de l'Union européenne (UE), le plus souvent l'Italie.

Ces affirmations erronées du président américain interviennent alors qu'il est confronté à une vague de critiques de la part des démocrates et de certains républicains pour la politique menée par son administration visant à séparer les enfants de leurs parents qui tentent de passer illégalement aux Etats-Unis depuis le Mexique. "La manière dont agit l'Allemagne va déterminer si l'Europe va rester unie ou pas", a-t-elle mis en garde lundi, selon des participants à une réunion de son parti.

La chancelière allemande Angela Merkel a réfuté mardi les affirmations de Donald Trump qui par deux fois a affirmé que la criminalité était en hausse en Allemagne, et ce en raison de l'afflux de migrants. S'il passait immédiatement à l'acte, la chancelière n'aurait d'autre choix que de le limoger, ce qui provoquerait l'éclatement de la coalition au pouvoir depuis seulement trois mois et probablement de nouvelles élections.

Car en Allemagne, l'onde de choc politique provoquée par l'arrivée de plus d'un million de demandeurs d'asile en 2015 et 2016 ne faiblit pas, même si depuis 2017 le nombre des nouveaux arrivants a considérablement baissé.

Elle a d'abord contribué, comme en Italie ou en Autriche, à l'essor de l'extrême droite, et en même temps provoqué des déchirements au sein du camp conservateur de la chancelière, qui atteignent désormais leur apogée. Vu que son partenaire de la CSU, l'aile conservatrice de sa coalition, vient de lui lancer un ultimatum pour réformer la politique migratoire, elle a relevé le défi.

Les deux semaines qui viennent s'annoncent donc décisives et compliquées pour Mme Merkel.

Le projet de budget d'investissement de la zone euro, cher au président français Emmanuel Macron et auquel Angela Merkel a fini par donner un feu vert prudent mardi, s'apparente à un nouveau "budget caché" conçu au détriment des contribuables allemands et propre "à affaiblir l'euro", a tempêté un des dirigeants de ce parti, Marcus Söder. Elle doit faire face à un mécontentement croissant de son opinion, exacerbé par des faits divers. Lundi s'est ouvert le procès d'un jeune réfugié afghan accusé d'avoir mortellement poignardé son ancienne petite amie de 15 ans dans un supermarché.