Jeudi, 16 Août, 2018

Macron juge la décision américaine "illégale" — Guerre commerciale

Acier et aluminium : Donald Trump sur le point de déclarer une guerre commerciale à l'Europe Les États-Unis surtaxent l'acier et l'aluminium importés
Napoleon Lievremont | 03 Juin, 2018, 07:26

Cette annonce, faite par le secrétaire au commerce de Donald Trump, Wilbur Ross, a été immédiatement suivie d'une volée de réactions des Européens notamment, la Commission européenne en tête, affirmant que des "contre-mesures" allaient être annoncées "dans les prochaines heures".

Le président français Emmanuel Macron comme la chancelière allemande Angela Merkel ont dénoncé une décision "illégale".

"Ce n'est pas un bon jour pour les relations transatlantiques", a-t-il dit. "Et je ne vois pas en quoi cette décision est une bonne chose".

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a tout de même maintenu que l'UE n'était "en guerre avec personne", tout en soulignant que l'Union défendrait ses intérêts face à l'offensive commerciale lancée jeudi par les Etats-Unis. "S'il y a une escalade, ce sera parce que l'UE aura décidé de répondre", avait-il dit, ajoutant que Washington ne voulait pas de guerre commerciale avec l'UE. L'indice Dow Jones y a chuté soit 1,02% tandis que le S&P-500 a cédé 0,69% alors que le Nasdaq Composite a limité son recul à 0,27%.

Le ministère chiffre à quatre milliards de dollars les exportations mexicaines concernées par les droits de douane américains.

Bruxelles menace de s'en prendre au beurre de cacahuète, au jus d'orange ou au bourbon, le whiskey américain, si Donald Trump persiste à s'engager dans une guerre commerciale.

Plus largement, c'est la capacité de l'Union européenne à parler d'une seule voix qui sera testée, au moment même où un gouvernement issu d'une alliance entre un jeune mouvement antisystème et un parti d'extrême droite s'installe en Italie et où l'Espagne change également de gouvernement, son chef, le conservateur Mariano Rajoy, ayant été remplacé vendredi par le socialiste Pedro Sanchez.

La tension montait jeudi avant l'entrée en vigueur possible de sanctions américaines sur l'acier et l'aluminium importés, auxquelles les Européens ont promis de répliquer. Le mois dernier, la Maison Blanche a ouvert une enquête en vertu de la législation déjà utilisée pour imposer les tarifs de l'acier et de l'aluminium pour des raisons de "sécurité nationale".

Et ils peuvent rapporter gros aux Etats: la France a engrangé des droits et taxes de 76 milliards d'euros en 2016, selon les douanes. "Je tiens une promesse que j'ai faite en campagne", a lancé Donald Trump, assurant que les États-Unis, avaient, pendant des décennies, été victimes de pratiques commerciales qu'il a assimilées à une "agression".

"C'est une décision unilatérale, injustifiée, injustifiable et totalement dangereuse pour notre industrie qui peut remettre en cause beaucoup d'emplois sur le territoire français et nous n'allons pas rester sans rien faire", a déclaré le ministre sur Cnews.

Également visé par ces sanctions, le Canada a qualifié les taxes d'"inacceptables", alors que le G7 Finances se tient actuellement à Whistler.

Les États-Unis, selon le premier ministre canadien, profitent d'un "surplus de 2 milliards de dollars américains en ce qui a trait au commerce de l'acier avec le Canada ".

Les États-Unis ne nous laissent à présent pas d'autre choix que d'engager une procédure de règlement des différends devant l'OMC et d'imposer des droits de douane additionnels sur un certain nombre d'importations en provenance des États-Unis.