Jeudi, 16 Août, 2018

Les grandes lignes de la "révolution" de Macron — Protection sociale

Soins de santé remboursés à 100 %: ce que Macron s'apprête à annoncer BURGER Phanie AFP
Napoleon Lievremont | 14 Juin, 2018, 10:11

Récemment interpellé par plusieurs membres de sa majorité pour qu'il oriente sa politique plus franchement vers la gauche, Emmanuel Macron a sèchement répondu mercredi, quelques heures à peine avant son grand discours de Montpellier sur la politique sociale.

Ces propos ont suscité un vent de révolte dans l'opposition. Car si le reste à charge (RAC) total en santé s'élève à 8.3%, Emmanuel Macron a rappelé qu'il est beaucoup plus important pour ces "pathologies simples" et conduit certains Français à retarder voire renoncer à ces soins, aggravant les inégalités sociales: 22% en optique (soit 65 euros de RAC en moyenne pour corriger une myopie), 43% pour les prothèses dentaires (soit 200 euros de RAC pour une couronne) et 53% pour les audioprothèses (soit 1700 euros en moyenne pour être équipés). Le remède ne sera pas une "promesse budgétaire", c'est "une responsabilisation, un suivi, un contrôle": "Des gens sont installés dans l'exclusion, nous devons leur faire retrouver le travail, ils en sont capables". Accompagnés, "ils aideront la collectivité a dépenser son argent vers les plus vulnérables".

Une rhétorique qui correspond à la petite musique gouvernementale jouée ces dernières semaines sur les aides sociales. Il a immédiatement précisé qu'elle ne se traduirait pas "simplement" par "un engagement financier", même si celui-ci "sera au rendez-vous car il nous faut investir sur ce sujet".

" Je pense qu'il y a une forme de racisme social. Mauvaise nouvelle: les dépenses sociales, vous les payez, nous les payons", a lancé Emmanuel Macron, en écho à la récente cacophonie gouvernementale autour d'une possible réduction des aides sociales. La députée LREM de la Manche, Sonia Krimi, s'est ainsi dite " très, très mal à l'aise " et a jugé qu'en tant que président de la République, Emmanuel Macron devait faire " très, très attention " à ses déclarations.

"On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s'en sortent pas", s'exclame le président de la République. Ceux qui tombent pauvres, ils restent pauvres. "On doit avoir un truc qui permet aux gens de s'en sortir", plaide-t-il. "Par l'éducation.", s'enflamme-t-il. Déclenchée par Bruno Le Maire et Gérald Darmanin qui avaient évoqué leur probable diminution, elle a marqué un peu plus à droite l'exécutif. Quant à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, elle prendra la parole vendredi 15 juin.

Comme nous l'annoncions hier sur Allodocteurs.fr, un second accord doit également être signé, concernant les prothèses auditives.