Jeudi, 20 Septembre, 2018

Les Etats-Unis quittent le Conseil des droits de l'Homme — ONU

Conseil des droits de l'homme REUTERS Denis BalibouseOnu les pays doivent abandonner la pratique de sanctions unilatérales
Manon Joubert | 20 Juin, 2018, 17:52

Cela fait plus d'un an que les États-Unis menacent de quitter le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

"Haley a soutenu notamment que l'élection de la RDC au Conseil l'année dernière, malgré la campagne de réforme américaine, était une preuve que l'organe ne pouvait pas être réparé." Quand un soi-disant conseil des droits de l'homme ne peut se résoudre à faire face aux abus massifs au Venezuela et en Iran, et qu'il accueille la République Démocratique du Congo en tant que nouveau membre, le conseil cesse d'être digne de son nom (...) Pendant trop longtemps, le CDH a protégé les auteurs de violations des droits de l'homme et il a été un cloaque de partis pris politiques ", a-t-elle déclaré en s'en prenant également à l'Egypte et à l'Iran.

" Nous prenons cette mesure parce que notre engagement ne nous permet pas de continuer à faire partie d'une organisation hypocrite et servant ses propres intérêts, qui fait des droits de l'homme un sujet de moquerie", a dit Nikki Haley.

Les diplomates russes ont noté que le Conseil est "une plateforme internationale clé pour la coopération dans la promotion et la protection des droits de l'Homme", qui agit sur des principes d'impartialité, d'objectivité, de non-sélectivité, de dialogue constructif et de coopération.

"On doit s'attendre à d'importantes conséquences pour le Conseil", a expliqué à l'agence Keystone-ATS l'ambassadeur suisse auprès de l'ONU à Genève Valentin Zellweger. De son côté, M. Pompeo a accusé le Conseil des droits de l'Homme de ne pas défendre pas les droits de l'Homme, mais de couvrir leur violation. Ils demandent en outre un renforcement du processus de sélection des 47 Etats membres, élus par l'Assemblée générale de l'ONU à New York. Alors que le Conseil des droits de l'homme a oeuvré avec une contribution importante en Corée du Nord, en Syrie, en Birmanie ou au Soudan du Sud, relève Kenneth Roth.

Le Conseil des droits de l'homme a un point permanent à l'ordre du jour sur les soupçons de violations des droits de l'homme commises par Israël dans les territoires palestiniens, que Washington voulait supprimer. Lors de la création du CDH, en 2006, George W. Bush avait choisi de ne pas se porter candidat à un siège.

Le retrait de Washington du Conseil des droits de l'homme constitue un nouvelle illustration de la politique du président républicain Donald Trump de désengagement du multilatéralisme après son retrait de l'accord de Paris sur le climat et de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien négociés sous l'administration de son prédécesseur démocrate Barack Obama.