Vendredi, 19 Octobre, 2018

Le réfugié était-il un cadre de Daech — Terrorisme

L'interpellation avait eu lieu dans le quartier de Hauteville à Lisieux, le 6 mars 2018 L’interpellation avait eu lieu dans le quartier de Hauteville à Lisieux, le 6 mars 2018
Manon Joubert | 10 Juin, 2018, 01:23

On le soupçonne d'avoir participé au massacre militaire du camp de Tikrit au nord de Bagdad en 2014.

C'est à l'été 2017 que l'homme a été repéré par les services de renseignement puis interpellé le 6 mars à Lisieux, dans le Calvados, par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a précisé la source proche de l'enquête. L'information a filtré jeudi 7 juin 2018.

Il serait arrivé en France en 2016, et avait obtenu le statut de réfugié en 2017, avec une carte de résident de 10 ans en France.

Toujours selon TF1, il est poursuivi pour " assassinats en relation avec une entreprise criminelle", " association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste (AMT) criminelle", " crimes de guerre par atteinte à la vie", " crimes de guerre par traitement inhumain ou dégradant", " crimes de guerre par usage de méthodes ou de moyens de combat prohibés", et " participation à un groupe en vue de commettre des crimes de guerre ".

Selon une source proche du dossier, interrogée par Europe 1, l'Irakien aurait plutôt le profil d'un ancien officier de l'armée de Saddam Hussein qui aurait rejoint l'Organisation de l'Etat islamique par haine des chiites, et espérait refaire sa vie tranquillement en Europe. La France a enregistré plus de 100.000 demandes d'asile en 2017, selon des chiffres officiels qui confirment un bond des dossiers albanais devant les pays comme l'Afghanistan ou la Syrie.

En 2016, il s'installait en France avec sa famille après avoir quitté son pays d'origine, l'Irak. Par ailleurs, rien à ce stade ne laisse penser que cet homme préparait une action terroriste sur le sol français. Ces hommes appartenaient à un contingent de jeunes appelés, regroupés sur la base aérienne locale pour y recevoir leur formation initiale des soldats. En Irak, une procédure judiciaire a été lancé contre lui car on pense qu'il a même gouverné une province pour l'Etat islamique. Un statut que l'Etat lui a retiré dans la foulée de son incarcération. La France refuse d'extrader les ressortissants passibles de la peine de mort dans le pays où ils sont recherchés.

Durant sa garde à vue à Paris, il a nié toute implication dans les crimes qui lui sont reprochés. Contacté par l'AFP, son avocat, Me Mohamed El Monsaf Hamdi, n'a souhaité faire aucun commentaire dans l'immédiat.