Mercredi, 17 Octobre, 2018

Le G7 vers une déclaration commune sur le commerce

Menace de nouvelles taxes douanières, volte-face de Trump, pas de retour de la Russie : ce qu'il faut retenir du G7 EN DIRECT - Sommet du G7 : le coup de théâtre de Donald Trump, qui annule l'accord in extremis - LCI
Manon Joubert | 11 Juin, 2018, 02:07

Même le chef du gouvernement populiste italien, favorable à un rapprochement avec la Russie, a approuvé cette position commune.

Trump, louant la qualité de ses relations avec ses partenaires, a nié par ailleurs que le sommet de La Malbaie se soit déroulé dans une atmosphère conflictuel.

Dans l'un de ses revirements spectaculaires, le président américain a tweeté depuis Air Force One, qui l'emmène vers Singapour: "En raison des fausses déclarations de Justin à sa conférence de presse, et du fait que le Canada impose des taxes massives sur nos agriculteurs, travailleurs et entreprises américains, j'ai demandé à nos représentants américains de retirer le soutien au communiqué, tandis que nous envisageons des tarifs sur les automobiles qui inondent le marché américain!".

Les leaders les plus importants de la planète étaient réunis vendredi 8 juin à Malbaie au Québec (Canada) à l'occasion du début du sommet du G7.

Que pesaient de toute façon ces quelques lignes difficilement négociées face à un Donald Trump prêt à toutes les confrontations pour réduire le déficit des échanges américains?

Donald Trump, qui a écourté samedi sa participation au sommet des pays du G7 au Canada, a réclamé de ses pairs une modification des règles du jeu régissant le commerce international qui, a-t-il dit, exploite les Etats-Unis. Et sur le commerce, les Européens n'accepteront pas un communiqué qui ne mentionnerait pas la nécessité de respecter des règles communes, a ajouté la source à la présidence française. Le cabinet de Justin Trudeau s'est contenté de rappeler que le Premier ministre n'avait fait que répéter, durant sa conférence de presse, des propos déjà prononcés auparavant.

Menace de nouvelles taxes douanières, volte-face de Trump, pas de retour de la Russie : ce qu'il faut retenir du G7
Le G7 vers une déclaration commune sur le commerce

Depuis la création du G7 en 1975, les Etats-Unis ne se sont encore jamais trouvés seuls contre tous: "ce sera (.) Donald Trump contre le reste de monde", souligne le journaliste politique Alain Duhamel au micro de RTL.

Depuis le retrait de Washington de l'accord de 2015 (qui prévoyait une levée progressive des sanctions en échange de la garantie que Téhéran ne se doterait pas de la bombe atomique), la perspective d'un nouvel accord signé par les Etats-Unis et les pays européens semblait s'éloigner. Donald Trump a retourné l'accusation de protectionnisme contre l'Union européenne et le Canada, sur les produits laitiers, l'agriculture ou les barrières non-tarifaires auxquels se heurteraient les produits américains. Mais sans mentionner l'accord sur le nucléaire iranien, que les États-Unis ont quitté.

Le G7 appelle aussi la Russie à "cesser de saper les systèmes démocratiques" et à abandonner "son soutien au régime syrien".

Au-delà de la proposition provocante de Donald Trump de réintégrer la Russie dans le G7, et de la guerre commerciale annoncée, les thèmes chers affichés par Justin Trudeau et que le "couple" Trudeau-Macron entend défendre, tels le climat ou les droits des femmes, n'intéressent guère la Maison-Blanche, note le journal. Ses services n'ont voulu faire aucun commentaire dans l'immédiat.

Malgré les sourires des dirigeants à la fin du sommet, le G7 a donc été dynamité par un Donald Trump qui goûte bien plus la confrontation bilatérale brutale que les longues négociations multilatérales.