Lundi, 16 Juillet, 2018

La volte-face de Donald Trump — Migrants

La tolérance zéro de l'administration US en matière d'immigration illégale a fait réagir la Première dame La tolérance zéro de l'administration US en matière d'immigration illégale a fait réagir la Première dame. Image AFP
Manon Joubert | 22 Juin, 2018, 02:19

Après des jours de silence radio, un haut responsable de la Maison Blanche censé s'occuper notamment des questions sur la famille prend la parole pour remercier le président d'avoir mis fin à une crise qu'il a lui-même déclenchée (la séparation des familles) et d'en ouvrir une autre (les familles détenues ensemble, indéfiniment).

Devant l'indignation générale, Donald Trump a fini par céder.

Cette volte-face de Donald Trump, une rareté, ne remet toutefois pas en question la politique de "tolérance zéro" annoncée par le ministre de la Justice Jeff Sessions en avril qui requiert des poursuites pénales pour les migrants qui traversent la frontière clandestinement.

Certains d'entre eux se trouvent aujourd'hui à New York, dans l'Illinois ou encore le Michigan, à des milliers de kilomètres de leurs parents, détenus dans le Sud, affirment des journalistes du Daily Beast. "Je pense que quiconque a un coeur se sentirait lui aussi très touché", a dit le président.

Le décret présidentiel risque toutefois de se transformer en casse-tête pur la Maison blanche qui va devoir trouver des solutions pour l'appliquer.

Pendant la réunion, le président a assuré qu'il soutiendrait tout projet républicain de loi qui réglerait "la crise à la frontière et le problème des séparations de familles en permettant la rétention et l'expulsion des familles" sans les séparer, à condition qu'il inclue ses autres exigences: "construire le mur" à la frontière mexicaine et limiter l'immigration légale, selon son porte-parole, Raj Shah.

"La place des enfants n'est pas en prison, même avec leurs parents, quelles que soient les circonstances". Donald Trump a en tout cas annoncé ce mercredi après-midi qu'il allait "bientôt" signer un texte qui éviterait désormais la séparation des familles de migrants entrés illégalement aux Etats-Unis.

Un ancien chef des services de l'immigration, John Sandweg, a également confié que des centaines d'enfants ne reverraient sans doute jamais leurs parents: "Le gouvernement fédéral n'est pas très doué pour garder la trace des enfants et des parents".

La polémique enfle autour de la tolérance zéro de la politique migratoire mise en place par l'administration de Donald Trump.

Le parcours parlementaire s'annonce toutefois ardu malgré la majorité républicaine au Congrès.

Les membres de la Chambre des représentants vont ainsi devoir se pencher ce jeudi 21 juin sur deux réformes de l'immigration.

→ A l'heure actuelle, plus de 2.300 enfants ont été séparés de leurs parents sans-papiers en cinq semaines.

Pour protester contre une politique qu'ils ne veulent pas endosser, deux gouverneurs républicains et deux démocrates ont refusé d'envoyer leur Garde nationale pour contrôler la frontière avec le Mexique, tandis que le dirigeant démocrate de la Virginie a rappelé mardi ses troupes déjà déployées.