Mercredi, 15 Août, 2018

La poignée de main qui va sauver le monde — Trump-Kim Jong

L'arrivée du cortège nord-coréen L'arrivée du cortège nord-cor
Manon Joubert | 14 Juin, 2018, 11:21

Donald Trump et Kim Jong Un ont affiché leur entente pour "tourner la page du passé" mardi 12 juin, lors d'un sommet historique qui a abouti à la signature d'un document commun dans lequel le dirigeant nord-coréen s'engage pour une "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne".

Poids de l'histoire oblige, les deux dirigeants se sont mis en scène, d'abord en se serrant très longuement la main devant les journalistes - ils sont plus de 5000 à avoir fait le déplacement à Singapour.

À l'issue de la rencontre à Singapour, le président américain avait déclaré qu'il était effectivement prêt à inviter le leader nord-coréen à une première visite à la Maison-Blanche. L'Union européenne a loué une "étape capitale et nécessaire" vers une dénucléarisation de la péninsule. Ces points laissent penser qu'un traité de paix pourrait être signé. "Ce qu'a obtenu la Corée du Nord, en revanche, est tangible et durable". Elle n'est donc juridiquement pas terminée. "Et en acceptant de rencontrer Kim, le président Trump a accordé à une dictature brutale et répressive la légitimité internationale après laquelle elle courait depuis si longtemps". "C'était vraiment une rencontre fantastique", qui s'est déroulée "mieux que quiconque aurait pu imaginer", a lancé à la presse le président des Etats-Unis après un déjeuner de travail avec le dirigeant nord-coréen. Ces exercices à grand déploiement ont lieu deux fois par année, et sont en quelque sorte vus par Pyongyang comme des répétitions générales en vue d'une invasion au nord.

Partisan de la ligne dure contre Pyongyang, le premier ministre, Shinzo Abe, se retrouve isolé.

Au moment de compter les points, il faut ainsi garder en tête que Kim Jong-un partait avec un avantage certain par rapport à Donald Trump: la simple tenue de ce sommet constituait pour lui une victoire, validant sa stratégie. Donald Trump a également redit son souhait de retirer, le moment venu, les soldats américains déployés en Corée du Sud, tout en assurant que cela ne faisait pas partie des négociations avec Pyongyang.

Mais de nombreux observateurs s'interrogent sur la portée du sommet. En 2017, la Corée du Nord enchaînait les essais de missiles intercontinentaux pouvant atteindre le territoire américain. "[.] Informez-le que moi aussi j'ai un bouton nucléaire, mais il est beaucoup plus gros et plus puissant que le sien, et il fonctionne!". Il a également invité son homologue à venir à Pyongyang.

La réalisation de deux scénarios possibles alarmait beaucoup les analystes en amont de ce sommet: premièrement, que rien de spécifique ne soit fixé au sujet du démantèlement de l'arsenal nucléaire de la Corée du Nord, et deuxièmement, qu'en fournissant des garanties de sécurité au régime de Kim, Trump ne fasse trop de concessions sur les engagements américains envers les alliés américains en Corée du Sud et au Japon. "Je viens d'atterrir - long voyage mais tout le monde peut dorénavant se sentir davantage en sécurité que le jour où j'ai pris mes fonctions", s'est félicité le président américain dans un tweet. De son côté, Kim, qui est resté silencieux à ses côtés, avait affirmé un peu plus tôt dans la journée que cette rencontre était "un bon prélude à la paix".