Dimanche, 23 Septembre, 2018

Inculpation de l'ancien ministre de l'Energie, soupçonné d'espionnage pour l'Iran — Israël

L'ancien ministre de l'Energie Gonen Segev, à la Cour suprême de Jérusalem lors de l'audience d'appel sur sa condamnation le 18 août 2006 L'ancien ministre de l'Energie Gonen Segev, à la Cour suprême de Jérusalem lors de l'audience d'appel sur sa condamnation le 18 août 2006
Manon Joubert | 21 Juin, 2018, 02:07

Il a été extradé vers Israël à la demande de la police israélienne, après que la Guinée équatoriale a refusé de l'autoriser à entrer sur son territoire en raison de son passé criminel. Le CV de Gonen Segev était déjà corsé, mais la dernière ligne que vient d'y ajouter le Shabak (le renseignement intérieur israélien) le fait basculer dans une dimension ésotérique: après sa disgrâce, Segev, 62 ans, serait devenu espion pour le compte de l'Iran, l'ennemi juré de l'Etat hébreu.

"Afin de remplir sa mission pour ses employeurs iraniens, M. Segev a pris contact avec des Israéliens travaillant dans le domaine de la sécurité afin de les introduire auprès de ses contacts iraniens présentés comme de simples hommes d'affaires", précise le Shin Beth.

Suite à une enquête, le bureau du procureur avait déposé un chef d'inculpation contre Segev devant le tribunal du district de Jérusalem pour ces infractions. L'ancien ministre de l'Energie est incarcéré en Israël depuis son extradition de Guinée équatoriale, où il avait été arrêté au mois de mai.

Il a d'abord été contacté par des représentants de l'ambassade iranienne au Nigeria en 2012 et, à un stade ultérieur, s'est rendu deux fois en Iran pour des réunions avec des responsables tout en sachant qu'ils appartenaient aux services de renseignements iraniens.

Alors qu'il aurait reçu des communications cryptées en provenance d'agents iraniens, Gonen Segev leur aurait communiqué des informations concernant le secteur de l'énergie israélien.

Contactés par Reuters, les avocats de Gonen Segev n'ont pour l'heure pas souhaité commenter la situation.

Elu député en 1992 sur une liste d'extrême droite, Gonen Segev avait quitté son parti et voté en faveur des accords d'Oslo II en octobre 1995, permettant au Premier ministre Yitzhak Rabin de faire passer au Parlement la seconde phase de cet accord controversé qui était censé mener à la création d'un Etat palestinien.