Dimanche, 23 Septembre, 2018

Harley-Davidson: "Washington fait face aux " conséquences

Une concession Harley Davidson à Kenosha dans l'état américain du Wisconsin le 11 juin 2018 Harley-Davidson envoie une partie de sa production américaine à l'étranger
Napoleon Lievremont | 27 Juin, 2018, 00:36

En réponse à l'imposition par les Etats-Unis de tarifs douaniers sur l'acier (25%) et l'aluminium (10%) européens, l'Union européenne frappe d'une taxe de 25% depuis le 22 juin une série de produits américains allant du beurre de cacahuète au bourbon en passant par les jeans et les motos.

Confronté à des taxes douanières européennes ayant bondi de 6% à 31%, le constructeur de moto, qui célèbre l'esprit de liberté à l'américaine, va délocaliser une partie de sa production.

Ces droits de douanes supplémentaires entraîneraient "un surcoût moyen de 2200 dollars US" (1880 euros) sur le prix d'achat d'une Harley en Europe, estime le constructeur qui a donc décidé aujourd'hui que "d'ici environ 18 mois" - soit début 2020 -, ses modèles à destination de l'Europe seraient fabriqués dans ses usines délocalisées.

Harley Davidson, qui ne veut pas voir son juteux marché européen plonger, a donc fait le choix de la préservation, plutôt que celui du patriotisme et a choisi de déplacer une partie de sa production hors du territoire américain, sans préciser cependant où se ferait la délocalisation. C'est le cas de Harley-Davidson, dont le siège est à Milwaukee (Wisconsin), l'Etat de Paul Ryan, le chef des républicains à la Chambre des représentants.

Ironiquement, Harley-Davidson avait été l'un des premiers groupes manufacturiers à visiter la Maison Blanche en février 2017 pour illustrer la stratégie industrielle de "l'Amérique d'abord" du président Trump, tout juste élu.

Selon le constructeur, ces taxes sur les motos fabriquées aux Etats-Unis auront un impact financier de quelque 100 millions de dollars chaque année. La marque en possède au Brésil, en Australie, en Inde et une en cours de construction en Thaïlande. Le fabricant de moto se demandait alors s'il fallait "répercuter (les taxes, NDLR) sur les distributeurs ou les clients". "Les taxes sont seulement une excuse pour Harley - soyez patients!" ajoute-t-il sur compte Twitter.

Fin avril, le constructeur expliquait que les tarifs douaniers imposés sur l'acier et l'aluminium allaient entraîner une hausse de 15 à 20 millions de dollars des coûts de fabrication pour le reste de l'année.

"Surpris que parmi toutes les entreprises, Harley-Davidson soit le premier à agiter le drapeau blanc".

Le groupe compte donc beaucoup sur ses exportations pour tenir sa production à flot alors que dans l'ensemble, ses ventes ont chuté de 6,7% l'an dernier, dont 8,5% pour les seuls Etats-Unis, son principal marché. "Nous voulons que les Harley soient fabriquées ici, que plus soient fabriquées ici, et c'est ce qui va se passer avec la politique commerciale du président", a déclaré Navarro sur CNBC.