Mardi, 13 Novembre, 2018

Erdogan remporte la présidentielle avec 53% des voix — Turquie

EN DIRECT - Présidentielle en Turquie : une sénatrice française, observatrice du scrutin, brièvement interpellée - LCI Turquie: Erdogan revendique une double victoire et se dirige vers une "hyper-présidence"
Manon Joubert | 25 Juin, 2018, 01:08

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a revendiqué dimanche la victoire aux élections présidentielle et législatives âprement disputées, s'ouvrant la voie vers un nouveau mandat de cinq ans aux pouvoirs considérablement renforcés.

Sans attendre les résultats du dépouillement de 100% des bulletins de vote, Recep Tayyip Erdogan a annoncé avoir remporté les élections présidentielles dès le premier tour. "Selon eux, notre nation m'a confié la responsabilité de président de la République", a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d'une déclaration à Istanbul, revendiquant également la majorité parlementaire pour l'alliance dominée par son parti, l'AKP. Son principal concurrent, le social-démocrate Muharrem Ince, arrive en deuxième position de la présidentielle avec 30,7%, et l'alliance anti-Erdogan formée par plusieurs partis d'opposition pour le volet législatif du scrutin récolte 34%, d'après les résultats partiels publiés par Anadolu.

Les élections de dimanche sont particulièrement importantes, car elles marquent le passage du système parlementaire en vigueur à un régime présidentiel où le chef de l'Etat concentre la totalité du pouvoir exécutif, aux termes d'un référendum parlementaire qui s'est tenu l'an dernier. Mais ses détracteurs accusent le " Reïs " âgé de 64 ans de dérive autocratique, en particulier depuis la tentative de putsch de juillet 2016 qui a été suivie d'une répression sans merci contre des opposants et des journalistes, qui a tendu les rapports entre Ankara et l'Occident.

Si aucun candidat ne parvient à récolter plus de 50% des voix pour la pésidentielle, un second tour se tiendra le 8 juillet. Mais ces derniers ont réussi à créer un élan lorsque Muharrem Ince a été désigné en mai candidat du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate et laïque). L'effondrement de la livre turque et une inflation à deux chiffres ont atteint le portefeuille des Turcs.

Le président turc avait convoqué en avril ces élections présidentielle et législatives anticipées initialement prévues en novembre 2019.

Recep Tayyip Erdogan affirme qu'une telle mesure est nécessaire pour assurer la stabilité au sommet de l'Etat, mais ses opposants l'accusent de vouloir monopoliser le pouvoir avec cette transformation.

La campagne a en effet été marquée par une couverture médiatique très inéquitable en faveur du président turc.

Le candidat du parti prokurde HDP, Selahattin Demirtas, qui rivalisait autrefois sur les estrades avec M. Erdogan, a dû faire campagne depuis une cellule de prison: accusé d'activités terroristes, il est détenu de manière préventive depuis 2016. L'un des facteurs déterminants de ce double scrutin sera d'ailleurs le vote de l'électorat kurde.

Dans ce contexte, les craintes de fraudes ont été vives, notamment dans le sud-est à majorité kurde. Si le HDP franchit le seuil de 10 % des voix permettant d'enter à l'Assemblée, l'AKP pourrait perdre sa majorité parlementaire. Les opposants, qui avaient mobilisé une armée d'observateurs, ont dénoncé des irrégularités, notamment dans la province de Sanliurfa. "Je protégerai vos bulletins de vote avec ma vie", a-t-il tweeté.