Mercredi, 17 Octobre, 2018

Emmanuel Macron enfume sur sa transformation radicale du modèle social

Macron sur le La cheffe de file des députés socialistes Valérie Rabault en novembre 2017 à l'Assemblée
Marie-Paule Arceneaux | 15 Juin, 2018, 01:11

De quoi provoquer l'indignation de M. Pavageau: "On sous-entend que celui qui perd son emploi est un peu responsable de la situation et on va jusqu'à sous-entendre que celui qui est dans une situation d'extrême pauvreté en est un peu responsable".

"Ce qui coûte un "pognon de dingue", ce n'est pas l'aide aux Français modestes, mais ce que l'on verse chaque année à l'Union européenne, l'AME, les "mineurs" étrangers isolés, ou encore la fraude sociale et fiscale contre lesquelles on ne lutte pas sérieusement!", s'est similairement emporté le vice-président du Rassemblement national (RN, ex-Front national) Steve Briois.

"Le chef de l'État est fondé à déplorer cet abandon progressif de la contrepartie exigée aux allocataires", admet Xavier Brouet dans Le Républicain lorrain mais "il aurait pourtant pu s'épargner le télescopage mâtiné d'arrogance du fond et de la forme". Emmanuel Macron est attendu mercredi devant le 42e congrès de la Mutualité française pour tracer le cadre de sa politique sociale. Et d'expliquer: " Je vais faire un constat qui est de dire: on met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif (...). "On met un pognon de dingue dans les minimas sociaux et les gens pauvres restent pauvres". Les gens pauvres restent pauvres, ceux qui tombent pauvres restent pauvres. "Et sur la santé c'est pareil", explique-t-il ainsi.

Principale mesure de cette réforme: le reste à charge zéro qui, selon le locataire de l'Elysée, doit permettre, en remboursant les soins de préventions, d'éviter des dépenses plus lourdes. Une centaine de manifestants s'est réunie place de la comédie à Montpellier pour protester contre la politique sociale d'Emmanuel Macron. Des craintes que l'enregistrement diffusé mercredi risque d'alimenter. Mais, dans la réalité, la responsabilisation et la prévention ne sont que les arbres qui cachent la forêt des réductions de dépense prévues par le chef de l'Etat que ce soit par la réduction du nombre de fonctionnaire ou l'attaque à venir sur les retraites, qui comptent pour une part non négligeable dans la dépense publique. "La sécurité sociale, c'est notre modèle français, qui a des racines très fortes". "Les propos et le ton [ne sont] pas adaptés à un président de la République française", a-t-elle ajouté. "Un discours dont les maîtres mots devraient être l'" efficacité " des aides et la " responsabilité " des aidés.