Samedi, 23 Juin, 2018

Donald Trump tente de se montrer conciliant

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre canadien Justin Trudeau à Ottawa le 7 juin 2018.                  LUDOVIC MARIN  AFP Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre canadien Justin Trudeau à Ottawa le 7 juin 2018. LUDOVIC MARIN AFP
Manon Joubert | 10 Juin, 2018, 01:26

Le commerce est évidemment le principal point litigieux lors de cette première réunion du G7, après l'entrée en vigueur de taxes américaines sur l'acier et l'aluminium importés.

Avant son départ, Donald Trump s'est toutefois félicité de débats "extrêmement productifs" sur le commerce avec ses homologues, en conclusion d'un sommet dominé par le conflit sur les tarifs douaniers.

Avant de quitter la petite ville de La Malbaie (Québec, est du Canada) pour s'envoler vers Singapour, où il rencontre mardi le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pour un sommet historique, le président américain s'est employé à calmer les tensions créées en particulier par sa politique protectionniste. Une autre hypothèse serait la publication d'une "déclaration" signée de la seule présidence canadienne du G7 et actant les désaccords - une différence aussi importante pour les diplomates qu'elle est subtile pour le grand public. "Les choses avancent dans ce G7 ". "Avant que des conversations ne commencent sur ce sujet, nous devons être certains que la Russie change de comportement et emprunte une nouvelle voie", a déclaré la Première ministre britannique, Theresa May, sur Sky News.

" Le président Donald Trump a repris de manière très vigoureuse les différents griefs qu'il nourrissait à l'égard des autres pays du G7, principalement l'Union européenne et le Canada, depuis des semaines". Un haut responsable de la Maison Blanche a finalement expliqué que la suggestion du président américain "n'était pas prévue".

Selon la délégation française, le texte pourrait reconnaître qu'un "cadre international basé sur des règles communes bénéficie à tous, plutôt qu'une démarche bilatérale qui ne crée pas ces situations gagnant-gagnant".

Ainsi le président américain a nettement épargné le Français par rapport au Premier ministre canadien Justin Trudeau, cible jeudi de plusieurs tweets vengeurs sur les échanges commerciaux.

On est loin des gestes amicaux voire affectueux entre les deux hommes pendant l'accueil fastueux réservé à Emmanuel Macron à Washington en avril.

Les dirigeants du G7 ont salué les efforts du président américain pour stabiliser la péninsule coréenne, mais sont mécontents qu'il ait retiré les Etats-Unis de l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien.

Il n'en reste pas moins que la "bromance" entre Macron et Trudeau - un néologisme utilisé par la presse américaine pour désigner la romance entre frères ("brothers")- risque bien de ne mener nulle part, estime le quotidien. Les quatre Européens, Emmanuel Macron, Angela Merkel, Theresa May et Giuseppe Conte, ont décidé de se réunir juste avant le début du sommet, afin de souder leur alliance face à Donald Trump. "Il n'y a rien qui change" entre nous. "Parce que nous devrions avoir la Russie à la table des négociations", a déclaré M. Trump, fidèle à sa position selon laquelle Moscou ne peut être simplement ignoré dans les grands dossiers internationaux.