Mardi, 13 Novembre, 2018

Dix membres de l'ultra-droite anti-islamiste en examen

Ultradroite: les dix gardés à vue présentés à un juge Illustration. Le Raid a participé à l'interpellation des dix hommes
Max Fresnel | 29 Juin, 2018, 14:32

Selon une source proche de l'enquête, leur groupuscule, l'Action des forces opérationnelles (AFO), dont l'objectif est de "lutter contre le péril islamique", est issu d'une scission des Volontaires pour la France, un groupe de la même mouvance. Tous ont été mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle", certains étant également mis en cause pour des infractions sur les armes et pour la fabrication et la détention d'engin explosif en relation avec une entreprise terroriste, a appris l'AFP jeudi de source judiciaire. Confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), une enquête préliminaire pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" avait d'abord été ouverte le 13 avril par le parquet de Paris. Il était depuis deux mois dans le viseur de la justice car il "essayait de recruter de nouveaux membres et d'étendre son maillage territorial", avait expliqué mercredi le parquet.

Quatre ont été placés en détention provisoire et quatre autres ont été libérés sous contrôle judiciaire. Le parquet de Paris avait requis le mandat de dépôt pour neuf des suspects. Une grenade artisanale, des "éléments entrant dans les fabrication d'explosifs de type TATP" (eau oxygénée, acide chlorhydrique, acétone), un chiffon imbibé de cristaux non identifiés et un filtre avec de la pâte cristallisée, de la pâte blanchâtre découverte dans un bocal, ainsi que deux sachets de 6 balles de ping-pong et cinq paquets de petits pétards à mèche ont été découverts. Parmi ces suspects figure le chef de file présumé de ce réseau, Guy S., un policier à la retraite, selon une source proche de l'enquête.

Selon le procureur, "les éléments recueillis faisant craindre un passage à l'acte violent".

Agés de 32 à 69 ans, avec des profils très divers (ils compteraient également dans leurs rangs un ex-militaire), la plupart sans antécédents judiciaires, ils avaient été arrêtés dans la nuit de samedi à dimanche en Corse, dans la Vienne, en Charente-Maritime et dans la région parisienne. Trois d'entre eux au moins appartiennent au mouvement Guerre de France, qui a nié mercredi tout projet violent via un de ses responsables s'exprimant sous couvert de l'anonymat. Si le nombre d'actes antimusulmans enregistrés a diminué en 2017 par rapport à 2016, les actions violentes sont en hausse.

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