Dimanche, 23 Septembre, 2018

Des manifestations pour dénoncer les récentes condamnations dès ce soir — Hirak

Nasser Zefzafi et Mohamed Jelloul  Ph. DR Nasser Zefzafi et Mohamed Jelloul Ph. DR
Napoleon Lievremont | 28 Juin, 2018, 05:54

La chambre criminelle de la cour d'appel de Casablanca a ainsi infligé une peine de 20 ans de prison ferme à Nasser Zefzafi, le leader du mouvement de contestation Hirak.

Sur les réseaux sociaux, des milliers d'internautes ont remplacé leur photo de profil par un fond noir, avec des commentaires sur la "honte" qu'ils disent ressentir devant cette "injustice", en comparant les peines avec celles plus "clémentes" prononcées contre les "pédophiles" et les "criminels".

D'autres membres du mouvement de protestation écopent de 10 ans de prison comme Bilal Ahabbad et Karim Amghar. Interdits, des proches des accusés ont poussé des cris de détresse dans la salle d'audience, selon un journaliste de l'AFP présent sur place. Quelques rares militants ont scandé des slogans de solidarité, comme "Vive le Rif" ou "Nous sommes Zefzafi".

Souad Brahma, l'un des avocats de la défense, outré par la décision du tribunal, a déclaré: "Ce sont des peines très lourdes. L'État a échoué dans ce test de respect des droits de l'Homme et des libertés essentielles, tout comme l'indépendance de la justice".

"Les peines sont très légères par rapport à ce que prévoit la loi et à la façon dont ils se sont comportés devant le juge", a commenté pour sa part Mohamed Karout, l'un des avocats des parties civiles qui représentaient l'Etat et ses agents.

Les 53 accusés, qui avaient décidé de boycotter les audiences pour dénoncer la "partialité" de la justice, ont refusé de prendre la parole, alors que leurs avocats ont refusé de plaider. Certaines, notamment Nasser Zefzafi, assurent avoir été "torturées" par la police. Il sera arrêté pour avoir interrompu le prêche d'un imam ouvertement hostile au mouvement, dans une mosquée d'Al-Hoceïma, ville-épicentre de la protestation qui a secoué le Rif.

Les manifestations déclenchées par la mort d'un vendeur de poissons, broyé dans une benne à ordure en octobre 2016, avaient fait plus de 600 blessés parmi les forces de l'ordre. Les associations parlent à l'inverse de manifestations plutôt pacifiques, bien que des heurts aient parfois pu éclater entre protestataires et forces de l'ordre, et évoquent 450 arrestations.