Jeudi, 16 Août, 2018

Coup de théâtre au sommet G7

Entre le président américain et ses partenaires du G7 les fronts se sont durcis samedi au Québec. Les discussions ont même tourné au vinaigre avec son hôte canadien Justin Trudeau Justin Trudeau refuse de commenter l'échec du G7
Manon Joubert | 12 Juin, 2018, 01:47

Le président américain a également attribué une note de 10 sur 10 à la qualité de ses relations avec les autres dirigeants, citant particulièrement Justin Trudeau, Emmanuel Macron et Angela Merkel. "Le Premier ministre du Canada Trudeau s'est montré docile et modéré pendant nos réunions au G7, tout cela pour donner une conférence de presse après mon départ dans laquelle il déclare que "les droits de douane américains sont presque insultants" a-t-il tweeté. Une décision qui touche le Canada, le Mexique et l'Union européenne. "Un texte qui ne résolvait pas le conflit en cours, mais qui était considéré comme un pas vers la désescalade et le dialogue".

"Il y a un siège réservé en enfer pour tout dirigeant étranger qui s'engage dans une diplomatie de la mauvaise foi avec Donald Trump et tente de le poignarder dans le dos quand il s'en va", a renchéri sur Fox News le conseiller présidentiel pour le commerce, Peter Navarro. Et patatras! À peine monté dans son avion, pour rencontrer à Singapour le dictateur nord-coréen, Donald Trump a tweeté qu'il retirait son soutien au texte.

De leur côté, les associations de lutte contre la pauvreté dans le monde espèrent que le retrait américain ne remettra pas en cause les engagements du texte, notamment pour "l'autonomisation économique des filles et des femmes " à travers le monde.

Le cabinet de M. Trudeau a indiqué qu'il n'avait fait que répéter des propos déjà prononcés auparavant.

Donald Trump " a raison dans une certaine mesure " quand il reproche à l'Allemagne de ne consacrer que 1,3 % de son PIB à la défense, a concédé, dimanche à la chaîne de télévision ARD, la chancelière allemande Angela Merkel.

Le président américain Donald Trump serre la main du président français Emmanuel Macron au G7 à Charlevoix, Quebec, Canada, 8 juin 2018.

Le cliché viral diffusé au G7, où Donald Trump semble tenir tête au reste du monde, résume à lui seul les nouvelles fractures occidentales mais donne lieu à des interprétations assez diverses.

Le co-président du groupe ENL (Europe des nations et des libertés) au Parlement européen a défendu sur LCI un "avis pragmatique": "je prends acte du fait que Donald Trump fait une volte-face en effet, je ne sais pas quelles en sont les raisons très précises, mais ce qui est sûr c'est que lui sert les intérêts américains, avec quelques résultats quand même", a-t-il estimé. Un secteur qui pèse bien plus les deux métaux jusqu'à présent frappés. La part de marché des marques allemandes sur le segment des voitures haut de gamme dépasse même les 40%, selon la fédération automobile allemande (VDA).

Ce sommet n'aura pas suffi à régler les différends entre les États-Unis et leurs six alliés. Aux États-Unis, les Audi, Volkswagen et autres voitures étrangères sont frappées d'une taxe de 2,5%. Car beaucoup voient plutôt Donald Trump sortir vainqueur de ce cliché.

"Les initiatives des Etats-Unis visant à imposer leurs politiques aux autres se développent au point de devenir une menace pour tous", a-t-il dit lors du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghaï (OCS) à Qingdao, en Chine.

Dans le cas de l'Allemagne, il s'agit d'un excédent. Cette façon de faire a été implicitement reconnue par l'Europe mais pas par les Etats Unis de Donald Trump.

Selon des propos rapportés par les médias russes, le président russe a également affirmé que les pays du G7 avaient " encore une fois " échoué à prouver que Moscou était derrière l'empoisonnement de l'ancien espion Sergueï Skripal et de sa fille en mars à Salisbury, au Royaume-Uni.