Samedi, 20 Octobre, 2018

Concert parisien de Cantat: des fans, quelques manifestants et pas trop d'effusion

Bertrand Cantat lors d'un de ses concerts à La Rochelle le 1er mars 2018 Bertrand Cantat lors d'un de ses concerts à La Rochelle le 1er mars 2018
Max Fresnel | 11 Juin, 2018, 01:58

"On ne peut que regretter que le Zénith ait programmé Cantat et maintienne son concert", a indiqué jeudi à l'Agence France-Presse sa porte-parole, Raphaëlle Rémy-Leleu, dénonçant un "positionnement cynique et révoltant". Comme avant plusieurs dates de cette tournée marquée par des annulations et reports, un rassemblement d'"opposants" est organisé à 19 heures devant la salle du parc de la Villette, à l'appel de l'association Osez le féminisme. "Si certains sont en train de jubiler, il y a aucune limite à quel point je vous emmerde.", a lancé le chanteur de 54 ans. Les premiers concerts ont fait couler beaucoup de salive et d'encre autour de l'éternelle question consistant à se demander si, une fois sa peine accomplie (sans geste de clémence particulier), Bertrand Cantat pouvait, ou non, reprendre une vie normale de "rock star". En 2003, il tue sa compagne Marie Trintignant et est condamné à huit ans de réclusion. "Je pars du principe que le droit à l'oubli c'est important".

Agacé d'être attaqué de toutes parts depuis son retour sur le devant de la scène, Bertrand Cantat s'est exprimé et "emmerde " ceux qui le taclent, à commencer par les journalistes. Une quinzaine de manifestants brandissaient des banderoles comme "Pas d'honneur pour les tueurs" ou "Marie Trintignant ne sera plus jamais applaudie", d'autres des photos de l'actrice morte sous les coups de son compagnon.

Ce concert électrique et puissant a été donné dans un Zénith à moitié rempli (3.000 spectateurs environ), après l'annulation des deux concerts prévus en mai à l'Olympia, la salle craignant des "risques sérieux de troubles à l'ordre public". La salle avait peur d'éventuelles manifestations pouvant causer de nombreux problèmes. "C'est son métier de chanter, c'est ça qu'on oublie", affirme Camille, 28 ans. A Grenoble mi-mars, il avait même été accueilli aux cris d'"assassin!". "Si je le faisais, son producteur pourrait très bien attaquer", s'est justifié Daniel Colling, le patron du Zénith - qui, aux dernières nouvelles, n'afficherait pas complet. C'est un monsieur qui a fait un acte condamnable, qui a été condamné, qui a fait de la prison". En 2017, une interview publiée dans Les Inrocks relance encore un peu plus la polémique Bertrand Cantat. "Dans ce texte, il évoquait aussi son "droit à la réinsertion" et le "droit à exercer (son) métier", tout en "renouvelant" sa "compassion" à la famille et aux proches de Marie" Trintignant.