Jeudi, 16 Août, 2018

Washington regrettera "comme jamais" de quitter l'accord nucléaire, avertit l'Iran

Rohani met en garde Washington contre le retrait de l'accord nucléaire Si Trump quitte l'accord sur le nucléaire iranien, il le « regrettera », dit Téhéran
Manon Joubert | 08 Mai, 2018, 00:36

Le président iranien Hassan Rohani a averti les États-Unis qu'ils regretteraient "comme jamais" leur éventuel retrait du texte.

Le président américain Donald Trump s'est entretenu samedi par téléphone avec la première ministre britannique Theresa May sur plusieurs sujets dont l'accord sur le nucléaire iranien, a annoncé samedi la Maison-Blanche.

Le chef de l'exécutif, qui le considère comme le "pire accord" jamais conclu par les Etats-Unis, a donné jusqu'au 12 mai aux signataires européens pour en "réparer les affreuses erreurs", faute de quoi il ouvrira la voie au rétablissement des sanctions américaines levées depuis son entrée en vigueur.

"Si les Etats-Unis quittent l'accord nucléaire, ils le regretteront", a ajouté le président iranien, mettant l'accent sur l'importance du dialogue dans la résolution des affaires internationales.

En échange, les sanctions internationales contre la République islamique sont progressivement levées. Ce qui en premier lieu retient l'attention, c'est le succès presque invraisemblable des services de renseignement israéliens, qui ont réussi à se procurer des archives iraniennes ultra-secrètes détaillant les efforts entrepris par le passé par l'Iran pour développer, produire et tester cinq bombes nucléaires d'une puissance équivalente à celle d'Hiroshima. "Quelle que soit la décision de Trump, nous résisterons", a néanmoins déclaré M. Rohani, dimanche.

"J'annonce ouvertement au monde entier, à l'Europe, à l'Amérique, à l'Occident et à l'Orient, que nous ne négocierons avec personne sur les programmes d'armement et de défense de notre pays", a affirmé M. Rohani. Téhéran "construira autant de missiles et d'armes" que nécessaire pour sa défense, a-t-il dit.

Le président iranien a également soutenu que l'Iran est prêt à discuter des questions régionales, mais pas à abandonner son combat "contre le terrorisme".

Comme il a assuré que son pays était "uni": "Aujourd'hui, toutes les tendances politiques, qu'elles soient de droite, de gauche, conservatrices, réformatrices et modérées, sont unies".

Le guide suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, a laissé entendre, jeudi, que son pays quitterait lui aussi l'accord si Washington le répudiait.

Les dirigeants iraniens soufflent le chaud et le froid dans ce dossier: les ultraconservateurs maintiennent une ligne très dure tandis que M. Rohani et son ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, sont restés vagues sur la nature de la réaction iranienne.