Samedi, 26 Mai, 2018

Vers un premier gouvernement antisystème — Italie

Des négociations in extremis pour éviter de nouvelles élections en Italie Luigi Di Maio ouvre la porte pour 24 heures à la Ligue. AFP
Manon Joubert | 11 Mai, 2018, 00:47

Les tractations entre le Mouvement Cinq Etoiles (populiste) et la Ligue (extrême droite) entrent jeudi dans le vif du sujet après le retrait de Silvio Berlusconi.

Cet accord pourrait mettre un terme au blocage politique qui sévit depuis plus de deux mois en Italie. Le M5S est arrivé premier parti, avec plus de 32% des votes, loin devant le Parti démocrate de centre-gauche, tombé à 19%.

Selon la presse italienne, le président Sergio Mattarella, qui voulait nommer mercredi un chef de gouvernement "neutre" après deux mois d'impasse, est disposé à laisser "quelques jours" aux deux hommes pour s'entendre. Ce dernier, qui a dirigé la droite italienne pendant 25 ans, apparaissait jusqu'à ce jour comme le principal obstacle à un tel accord. Les négociations sont encore rudes car les partis doivent désigner un chef de gouvernement et un programme commun. Mais les divergences sur le fond semblent importantes entre la Ligue, formation nationaliste proche du Front national et le M5S.

Luigi Di Maio, le chef de file du M5S, et Matteo Salvini, le patron de la Ligue, se disaient prêts à gouverner ensemble mais les discussions bloquaient sur la place de Silvio Berlusconi, symbole de tous les maux de l'Italie aux yeux de Luigi Di Maio mais précieux allié pour Matteo Salvini. Il devait présenter mercredi après-midi la personnalité choisie pour diriger cette équipe, tandis que la presse se perdait en conjectures sur la date des prochaines élections en cas de rejet au Parlement de ce gouvernement technique: en pleines vacances de juillet, ou à l'automne au risque de ne pas pouvoir adopter de budget 2019?

Mais à la mi-journée le palais présidentiel a annoncé que la Ligue et le M5S, fermement opposés à l'idée d'un gouvernement technique, demandaient un délai.

Dans un communiqué publié mercredi soir, Berlusconi a répété que les élus de son parti Forza Italia (FI) ne voteraient jamais la confiance à un gouvernement du M5S, jugeant que le M5S n'avait "pas la maturité politique pour assumer cette responsabilité".

"Nous allons nous asseoir à table et nous allons commencer à parler des thèmes pour le pays". "L'important, c'est le contrat de gouvernement, insiste Luigi di Maio, ensuite nous parlerons des noms". Surtout, il a ajouté que cela ne romprait pas l'alliance entre FI et la Ligue, en particulier dans les régions qu'ils dirigent ensemble dans le nord de l'Italie, un point essentiel pour le parti de Matteo Salvini.