Mercredi, 19 Septembre, 2018

Spotify supprime les musiques jugées haineuses de ses playlists

Andrea De Silva  Reuters Andrea De Silva Reuters
Max Fresnel | 12 Mai, 2018, 06:39

" Dans certaines circonstances, lorsqu'un artiste ou un créateur fait quelque chose de particulièrement préjudiciable ou haineux (par exemple, la violence contre les enfants et la violence sexuelle), cela peut affecter notre façon de travailler ou de soutenir cet artiste ou créateur", peut-on lire dans un communiqué de presse.

Un brusque accès de censure chez Spotify C'est par R. Kelly que tout a commencé. Mais nous voulons que nos décisions éditoriales - ce que nous choisissons de programmer - reflètent nos valeurs. Mais ils ne seront plus visibles dans les propositions et playlists générées par Spotify, basés sur des algorithmes. Le service de streaming musical applique en effet une nouvelle charte, qui se réserve désormais la possibilité de modifier l'exposition d'un artiste sur sa plateforme en fonction de critères sans rapport avec sa musique.

"Nous supprimons la musique de R. Kelly de toutes les playlists et recommandations algorithmiques de Spotify, telles que Discover Weekly", a déclaré Spotify au magazine.

Dans la foulée, Spotify a adopté la même mesure à l'encontre du rappeur XXXTentacion.

La décision de Spotify vient s'ajouter au choeur grandissant de personnalités et d'organisations formant la campagne #MuteRKelly.

Kelly, qui a été accusé par plusieurs femmes au cours de l'année écoulée d'inconduite sexuelle et d'avoir dirigé un présumé "culte sexuel", n'apparaîtra plus sur les playlists de Spotify comme Discover Weekly ou New Music Friday dans le cadre de la nouvelle politique de l'entreprise en matière de "conduite haineuse", a expliqué Spotify à Billboard. Le chanteur de 50 ans avait été inculpé pour pornographie juvénile en 2002 avant d'être acquitté six ans plus tard. De toutes ces accusations, l'artiste n'a jamais été condamné. Une enquête a été ouverte en avril.

Cette décision arrive neuf mois après les manifestations de l'extrême droite américaine à Charlottesville (État de Virginie), à la suite desquelles Spotify avait déjà entamé le combat en mettant plusieurs hymnes suprémacistes définitivement hors-ligne. "Ses proches ont également accusé Spotify de " se plier aux caprices des réseaux sociaux " et de " choisir son camp " dans une affaire " qui n'a rien à voir avec le service aux consommateurs ".