Samedi, 26 Mai, 2018

Quim Torra, le candidat de Puigdemont — Catalogne

Carles Puigdemont Le leader indépendantiste Carles Puigdemont se
Manon Joubert | 12 Mai, 2018, 06:39

Alors que le Parlement catalan a jusqu'au 22 mai pour élire le nouveau chef du gouvernement régional, l'ancien titulaire du poste (aujourd'hui en exil) s'accrochait mordicus à l'idée de rempiler de manière symbolique.

Dans un entretien télévisé vendredi, Quim Torra a promis de rétablir les orientations politiques et les organismes supprimés par le gouvernement espagnol quand il a pris le contrôle de la région et d'entamer la rédaction de la Constitution de la future république catalane.

"Notre groupe propose le camarade député (catalan) Quim Torra à la présidence de la Généralité", l'exécutif de Catalogne, a déclaré M. Puigdemont dans un enregistrement vidéo, proposant que cet éditeur de 55 ans tente d'être investi par le parlement dans les prochains jours. Suspense judiciaire pour PuigdemontEn revanche, l'élection d'un président qui formerait son gouvernement leur permettrait de se libérer de la tutelle de Madrid, imposée après la vaine proclamation de la République catalane le 27 octobre.

Carles Puigdemont s'était réfugié en Belgique. Celle-ci a été annulée par la Cour constitutionnelle espagnole la semaine dernière. Outre Carles Puigdemont, ils avaient proposé les candidatures de Jordi Sanchez et Jordi Turull, tous deux incarcérés, mais la justice avait refusé de les laisser sortir de prison pour se présenter à un débat d'investiture.

Après l'annonce de Carles Puigdemont, d'anciens tweets qui auraient été effacés par Quim Torra - il affirme que son compte a été piraté - ont cependant refait surface.

Une formulation qui laisse penser que dans les faits, c'est bien Carles Puigdemont qui continuera de gouverner. Il entend constituer hors d'Espagne " un conseil de la République qui puisse s'exprimer librement ".

Natif de la ville catalane de Blanes, sur la touristique Costa brava, Quim Torra a fait son entrée en politique il y a seulement quelques mois.Ayant rejoint la liste de Carles Puigdemont, comme d'autres personnalités indépendantes, il a été élu le 21 décembre au parlement régional où les indépendantistes ont alors retrouvé leur majorité en sièges. Un profil qui ne plait pas à l'opposition. Le Parti socialiste catalan a regretté que le bloc indépendantiste ait choisi un candidat " avec l'un des profils les plus sectaires ". Joaquim Torra i Pla, qui devrait être adoubé en début de semaine, est une marionnette qui ne connaît rien à la politique, estime cette éditorialiste madrilène conservatrice.

Jeudi soir, le commentaire de Madrid a été laconique: "Quel que soit le candidat (.), le gouvernement espagnol rappelle qu'il a l'obligation de respecter la loi et d'être en conditions d'assumer ses responsabilités", s'est limité à commenter une source de l'Exécutif espagnol, ajoutant que "la Catalogne a besoin d'un gouvernement légal et effectif".

Les votes contraires seraient au nombre de 65, tandis que les quatre élus de la CUP, formation indépendantiste d'extrême gauche, s'abstiendraient.