Mercredi, 17 Octobre, 2018

Qui sont les black blocs, accusés des violences du 1er mai?

Une manifestation du 1er mai sous tension Une manifestation du 1er mai sous tension
Manon Joubert | 03 Mai, 2018, 09:56

Aguerris et parfaitement organisés, ils échangent sur Internet des modes d'emploi sur la conduite à tenir en cas de garde à vue ou de perquisition.

Cent-neuf personnes ont été placées en garde à vue après les dégradations commises ce mardi à Paris, selon un dernier bilan des autorités.

"Ces ultraradicaux de gauche sont de tous les combats altermondialistes violents" a par ailleurs récemment déclaré un porte-parole du ministère de l'Intérieur au Figaro, estimant que les black blocs "ont une haine des forces de l'ordre".

Le Préfet de police ne s'est pas arrêté là.

Les critiques se sont surtout concentrées sur la réponse policière. Les images de télévision montraient des personnes cagoulées dégrader le restaurant McDonald's devant la gare d'Austerlitz, y mettre le feu, puis brûler une voiture sans que les forces de l'ordre n'interviennent. Pourquoi les forces de l'ordre ne sont pas intervenus plus rapidement pour éviter que les "blacks bloc" ne détruisent le mobilier urbain et plusieurs établissements sur leur passage. La veille, le président des Républicains, Laurent Wauquiez, avait dénoncé la "faillite de l'Etat régalien", et Marine Le Pen a évoqué "une mansuétude" de la part du gouvernement, voire "une complicité" à l'égard de "ces milices d'extrême gauche". "Il y avait environ au moins un millier de personne entre les auteurs de ces violences inqualifiables et notre dispositif de forces de l'ordre", a-t-il détaillé avant d'expliquer qu'il était impossible pour les CRS "d'intervenir sans craindre de faire des dégâts collatéraux pour des personnes qui étaient là de manière, elles, totalement anodine". À la fin de la journée du 1er mai 2018, Michel Delpuech, le préfet de Paris, a annoncé qu'un seul fonctionnaire de police avait été "très légèrement" blessé.

Ce chiffre de 14.500 personnes figurant dans un cortège composé notamment de militants libertaires et d'ultra-gauche est inédit, selon une source proche du dossier. Un nombre imposant, que les forces de l'ordre n'avaient pas anticipé. Nous pensions qu'ils seraient 500-600. Selon la préfecture de police, près de 1 200 " individus cagoulés et masqués " s'étaient massés devant le cortège syndical. Les militants violents, eux, ont fourni une explication à cette différence entre les estimations et la réalité puisque durant leur défilé certains tenaient une banderole: "Cette fois, on s'est organisé".

Une jeune femme, également interpellée mardi avant la manifestation, a demandé le renvoi de son procès pour préparer sa défense, alors qu'elle devait être jugée pour avoir été en possession d'un fumigène.