Vendredi, 21 Septembre, 2018

Polémique sur le voile islamique d'une représentante de l'UNEF

Une responsable de l’UNEF apparaît voilée sur M6 les réseaux sociaux se déchaînent Maryam Pougetoux est la présidente de l'UNEF PARIS
Manon Joubert | 16 Mai, 2018, 17:50

L'Unef dénonce "le déferlement de haine". L'organisation étudiante, déjà affaiblie, notamment par un scandale de harcèlement sexuel, est critiquée, y compris par d'anciens membres, après l'interview d'une cadre voilée.

D'après Le Monde, le premier à réagir sur Facebook est Laurent Bouvet, professeur de théorie politique à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.

Maryam Pougetoux, présidente du syndicat étudiant de gauche Unef à l'université Paris-IV (la Sorbonne), s'est exprimée ce samedi au sujet du blocage des facultés françaises durant le journal "19:45" de M6.

L'intéressé n'est pas favorable à l'interdiction du voile à l'université, mais s'interroge sur le sens de ce foulard couvrant arboré par la jeune syndicaliste. "C'est de l'islam identitaire, c'est clair", a-t-il fait savoir. "J'y vois une marque de promotion de l'Islam politique".

Le syndicat a présenté des listes électorales avec les Etudiants musulmans de France (EMF), une association qui est membre du mouvement Musulmans de France, réputé graviter dans la sphère d'influence de la confrérie islamiste des Frères musulmans.

Interrogée par l'AFP sur ces alliances, la présidente nationale de l'Unef, Lilâ Le Bas, les relativise en mettant en avant des collaborations "avec d'autres organisations confessionnelles sur les campus".

Pour l'antenne syndicale, "si Maryam se fait attaquer c'est parce qu'elle est une femme, musulmane portant le voile, mais également étudiante avec des responsabilités syndicales".

" Notre syndicat défend les principes de laïcité et de féminisme, et c'est au nom de ceux-ci que nous défendons le droit des étudiantes de faire leurs propres choix, [comme celui de] porter le voile au sein du service public de l'enseignement supérieur", assume le syndicat étudiant.

Bien heureusement l'UNEF a soutenu sa présidente par un communiqué qui est apparu le dimanche 13 mai et qui dénonce une "islamophobie décomplexée " cachée derrière un supposé débat sur la laïcité. Pour le socialiste Julien Dray, co-fondateur de l'Unef: "La direction du syndicat qui accepte cette jeune femme comme dirigeante souille tout notre combat dans les universités".

Le syndicat étudiant a condamné les "appels à la haine" lancés sur les réseaux sociaux après la diffusion d'un reportage montrant l'une de ses responsables voilée.