Samedi, 26 Mai, 2018

Nucléaire iranien: Michel regrette le retrait des Etats-Unis

Le président français Emmanuel Macron dans le Maryland aux Etats-Unis le 23 avril 2018 Le président français Emmanuel Macron dans le Maryland aux Etats-Unis le 23 avril 2018
Manon Joubert | 09 Mai, 2018, 06:26

Les sanctions américaines seront réimposées au cours des trois à six prochains mois, a déclaré le département du Trésor après l'annonce de Trump.

Le président américain Donald Trump a annoncé mardi le retrait des Etats-Unis de l'accord " désastreux " sur le nucléaire iranien et le rétablissement de sanctions contre Téhéran. John Bolton a aussi indiqué que Washington était prêt à discuter d'une solution "beaucoup plus large".

"Nous sommes profondément déçus par la décision du président américain de sortir unilatéralement" de l'accord et de "rétablir les sanctions américaines envers l'Iran", selon un communiqué du ministère.

Donald Trump, après l'annonce du désengagement américain de l'accord sur le nucléaire iranien, mardi 8 mai. "Les entreprises allemandes faisant des affaires en Iran devraient cesser leurs opérations immédiatement", a commenté Richard Grenell qui a pris ses fonctions ce mardi.

"Nous resterons parties au JCPoA" (acronyme de l'accord, NDLR) déclarent dans ce communiqué commun Emmanuel Macron, Theresa May et Angela Merkel. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a exhorté les signataires, hors Etats-Unis, à "respecter pleinement leurs engagements". Ce camouflet appelle des réponses fermes des Européens et d'Emmanuel Macron bien au-delà de la déploration manifestée à chaud.

Ce coup de force de Donald Trump, qui intervient après sa décision controversée et contestée de transférer l'ambassade américaine en Israël à Jérusalem, s'inscrit dans la continuité de la politique américaine à l'égard des musulmans.

La télévision nationale iranienne avait parlé un peu plus tôt à propos de l'annonce faite par Donald Trump d'une décision "illégale, illégitime, sape les accords internationaux".

Ce soir, les Européens, sonnés par l'annonce, ont annoncé leur intention de " préserver " l'accord.

"Les débats dans notre pays devraient se baser sur les faits", écrit-il encore dans une pique à son successeur républicain. "Aussi longtemps que l'Iran continue à appliquer ses engagements liés au nucléaire, comme il le fait jusqu'à présent, l'Union européenne restera engagée à la poursuite de la mise en oeuvre complète et effective de l'accord nucléaire", a assuré la haute-représentante. "Le régime international de lutte contre la prolifération nucléaire est en jeu", ajoute-t-il.

La République islamique a menacé de quitter à son tour l'accord de 2015, de relancer et accélérer le programme nucléaire, mais a aussi laissé entendre qu'elle pourrait y rester si les Européens pallient l'absence américaine.

"Il est évident, à mes yeux, qu'avec la structure fragilisée et pourrie de l'accord actuel, on ne peut empêcher l'Iran de se doter d'une bombe nucléaire", a-t-il dit aussi.