Samedi, 26 Mai, 2018

Moquée par les secours au téléphone, elle décède peu après — France voisine

Naomi (22 ans) décède après avoir été moquée par le SAMU: la polémique enfle, voici l'enregistrement audio Samu de Strasbourg, la ministre de la santé réclame une enquête administrative
Manon Joubert | 10 Mai, 2018, 05:11

Elle a demandé au parquet l'ouverture d'une enquête sur les causes du décès. Et lors de l'écoute de ces derniers, on ne peut qu'être choqué face au comportement inhumain des deux standardistes du Samu. Mais son appel n'avait pas été pris au sérieux. S'exprimant un peu plus tôt devant la presse, Me Aachour a souligné que la famille ne souhaitait pas que "l'opératrice du Samu prenne tout sur ses épaules", évoquant une possible "chaîne de responsabilités".

L'opératrice du Samu, qui avait raillé en décembre au téléphone une jeune femme décédée quelques heures plus tard à l'hôpital de Strasbourg, a été suspendue le 9 mai 2018 " à titre conservatoire ".

- J'ai très mal au ventre (...) et mal partout. La seconde lui répond: "Ah, c'est sûr qu'elle va mourir un jour, c'est certain." .

- S'il vous plaît, aidez-moi madame... Mais l'interlocutrice se montre agressive et dénuée d'empathie dès le début.

- Si vous ne dites pas ce qu'il se passe, je raccroche... "Qu'un médecin vous voie, ou sinon vous appelez votre médecin traitant, d'accord?". C'est lui qui a mis en ligne il y a déjà plusieurs jours un enregistrement audio troublant: on y entend Naomi Musenga, jeune maman de 22 ans, appeler le Samu (Service d'aide médicale urgente) pour se plaindre de douleurs, et récolter les moquerie de ses deux interlocuteurs. Agacée la standardiste va laisser Naomi dans cet état sans envoyer le Samu et va lui dire d'appeler SOS Médecin.

Elle arrive finalement à joindre une proche de la famille, qui se rend chez elle et la trouve baignant dans son sang. On lui envoie le Samu, qui l'emmène à l'hôpital. Elle décèdera vers 17h30.

La famille Musenga a décidé de partager l'enregistrement au média alsacien afin que cette situation atroce ne se reproduise plus. Dans un courrier envoyé au parquet de Strasbourg, elle demande l'ouverture d'une enquête afin de comprendre et surtout savoir si une prise en charge immédiate aurait pu sauver Naomi.

D'après les médecins qui ont effectué l'autopsie de la jeune femme, Naomi est décédée en raison " d'une défaillance multiviscérale sur choc hémorragique ".

L'affaire suscite par ailleurs de nombreuses réactions.

Pour le vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, Patrick Hertgen, le problème dépasse le cas de Naomi: "Le fait que Naomi n'a pu parler à aucun médecin est une anomalie, qui n'est hélas pas exceptionnelle".

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, est prête à les soutenir.

" Profondément indignée ", la ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé sur Twitter avoir demandé une enquête de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) " sur ces graves dysfonctionnements ", s'engageant à ce que la famille " obtienne toutes les informations ".