Dimanche, 23 Septembre, 2018

L'Ecosse a appliqué un prix minimum pour l'alcool

Une bouteille de 70 cl de whisky ne pourra pas être vendue en-dessous de 14 livres Une bouteille de 70 cl de whisky ne pourra pas être vendue en-dessous de 14 livres
Napoleon Lievremont | 06 Mai, 2018, 13:46

En France, cette mesure censée lutter contre l'alcoolisme est plébiscitée par les professionnels de santé, au grand dam de la filière viticole.

Avec ce prix minimum, une bouteille de whisky de taille standard (70 cl) ne pourra être vendue à un prix inférieur à 14 livres, soit 15,60 euros. Ils ont même indiqué que c'est un énorme progrès en matière de santé publique.

L'entrée en vigueur de cette mesure est l'aboutissement d'une bataille juridique qui dure depuis l'adoption de cette loi par le Parlement écossais en 2012.

"Les whiskies haut de gamme pour lesquels l'industrie écossaise est si renommée ne figurent pas parmi les produits alcoolisés qui seront les plus touchés par les prix minimums", a souligné la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon.

"Ce n'est un secret pour personne que l'Ecosse entretient une relation trouble avec l'alcool". En 2016, la mauvaise utilisation de l'alcool a provoqué 1.265 décès en Ecosse (5,3 millions d'habitants), soit 10 % de plus que l'année précédente, alors que ce chiffre recule, par exemple, en Irlande. Nous savons que nous devons agir maintenant pour changer les attitudes des gens à l'égard de l'alcool et je suis confiante qu'avec l'introduction du prix unitaire minimal, nous allons dans la bonne direction. Ce qui représente un coût de 3,6 milliards de livres par an à l'Ecosse, soit 900 livres par adulte. Estimant que la mise en place d'un prix minimum était "un moyen proportionné d'atteindre un but légitime" et ne violait pas les lois européennes, la Cour suprême britannique a tranché en faveur du gouvernement écossais l'an dernier, rejetant l'appel constitué par l'Association du Whisky écossais (Scotch Whisky Association, SWA) et d'autres représentants de cette industrie pour l'annuler.

Il est toutefois peu probable que les nouvelles règles affectent les prix des boissons vendues dans les pubs, les restaurants ou les bars car ils y sont déjà plus élevés que le prix minimum par unité.

Cette loi a été saluée par le corps médical et plusieurs associations. Parmi les mesures que les pays peuvent mettre en place, elle préconise d'ailleurs " une réduction de la demande à travers des dispositifs fiscaux et d'action sur les prix. Les autorités de santé recommandent de ne pas consommer plus de trois verres de boisson alcoolisée par jour lorsqu'on est un homme, deux verres lorsqu'on est une femme et de réserver un jour par semaine sans alcool.