Vendredi, 25 Mai, 2018

Le dernier film de Lars von Trier fait polémique — Cannes

Lars von Trier et le Festival de Cannes: je t'aime... moi non plus Lars Von Trier au Festival de Cannes en 2011.@ AFP
Max Fresnel | 16 Mai, 2018, 17:50

En effet, LVT est un emmerdeur et c'est un ingrédient nécessaire dans le cinéma. Et puis vinrent les accusations de harcèlement par Björk.

That House That Jack Built est ainsi dans un entre-deux, fruit d'un réalisateur qui, au prétexte du motif déjà surexploité du serial-killer, essaie tout à la fois de mettre de l'eau dans son vin pour se réconcilier avec ses adversaires -à commencer par les censeurs qui rendirent le director's cut de Nymphomaniac difficile d'accès- tout en offrant à ses fans assez de ses gimmicks pour s'en satisfaire. Hier, lors de la projection officielle, il a enchanté certains spectateurs mais provoqué claquements de sièges et réactions épidermiques d'autres. Ce serait malhonnête de ne pas le faire. Mais, fidèle à lui-même, Lars von Trier ne peut s'empêcher de jeter de nouveau de l'huile sur le feu.

Reste enfin la prestation de Mat Dillon dans le rôle de Jack, le tueur en série: omniprésent, il crève littéralement l'écran, sans toutefois paraître aussi inquiétant que ce qu'on pourrait attendre d'un tel meurtrier. "Je n'ai jamais été et ne serai jamais nazi", avait-il affirmé en recevant le plus prestigieux prix danois récompensant une personnalité de la culture. Je mets de moi dans tous mes personnages. Et ce n'est certainement pas, tel qu'on le voit essentiellement dans le dernier acte, le détournement de symboles chrétiens, mêlé à une réappropriation du mythe de Faust, pour se donner une soi-disant profondeur mystique, qui pourront encore surprendre le public, tant on est loin de la puissance évocatrice d'Antechrist. Un casting qui semble approprié pour tirer parti de cette histoire particulièrement sanglante.

"Le problème de ce mouvement, c'est que les gens sont condamnés sans le moindre juge". Malgré des excuses, il fut déclaré persona non grata à Cannes, une sanction sans précédent. "J'ai été très naïf, parce que la France a un gros problème avec son passé, vous savez, le gouvernement de Vichy, qui a livré les juifs". Cela aurait été mieux si j'avais blagué sur Hitler en Allemagne.

On vous laisse méditer sur cette dernière phrase.