Jeudi, 15 Novembre, 2018

La rencontre Trump/Kim Jong-Un aura-t-elle réellement lieu ?

La Corée du Nord se prépare à la reprise des exportations de son charbon en Chine Kim Jong Un menace d'annuler le sommet avec Trump
Manon Joubert | 17 Mai, 2018, 00:21

Et exige unilatéralement que nous renoncions à l'arme nucléaire, nous n'aurions plus d'intérêt pour des discussions.

"La Corée du Nord a d'ores et déjà pris des mesures pour apaiser les tensions dans la péninsule, comme la déclaration de l'arrêt de tout essai nucléaire ou tir de missile, la libération de trois citoyens américains et l'annonce de la fermeture entre le 23 et le 25 mai prochain de son site d'essais nucléaires", écrit le quotidien chinois.

Il y a de la friture sur les ondes entre Trump et Kim. "La diplomatie classique de la Corée du Nord, marcher sur la corde raide entre la Chine et les Etats-Unis, a débuté", a ajouté cet analyste.

Mais les déclarations de Kim Kye-gwan semblent rejeter un tel arrangement. Le 27 avril dernier, au village de la trêve de Panmunjom, le leader nord-coréen Kim Jong-un et le président sud-coréen Moon Jae-in ont signé une déclaration qui mentionne notamment la dénucléarisation totale de la péninsule et un engagement pour la paix. Seuls des engagements envers la dénucléarisation de la "péninsule coréenne" ont été émis, une formule sujette à interprétation. Des manœuvres invoquées par le Nord pour justifier sa décision.

Pyongyang laisse planer le doute sur le sommet prévu le 12 mai avec Donald Trump, menaçant de l'annuler si les Etats-Unis continuent d'exiger qu'elle renonce unilatéralement à son arsenal nucléaire. "Il est totalement absurde d'oser comparer la RPDC, un Etat ayant l'arme nucléaire, à la Libye qui en était au premier stade de son développement nucléaire". En effet, si tout laissait penser que les deux chefs d'État étaient d'accord pour se rencontrer à l'occasion d'un sommet incroyable, les choses ont sensiblement évolué.

Après des mois de détente et de réchauffement diplomatique impressionnant, la Corée du Nord vient de jeter soudainement un froid.

Pour Joshua Pollock, de l'Institut Middlebury des études internationales, le Nord a été irrité par le ton "triomphaliste" de Washington. "Nous n'avons reçu aucune notification formelle ou informelle à ce sujet", a affirmé la porte-parole Heather Nauert.

"Les États-Unis doivent considérer attentivement le sort du sommet prévu entre la Corée du Nord et les États-Unis dans la foulée du grabuge militaire provocateur qu'ils causent avec les autorités sud-coréennes", a déclaré Pyongyang.

Cela avait été largement considéré comme une concession majeure de la part de la Corée du Nord, bien que Pyongyang n'ait jamais retiré publiquement sa demande de longue date qu'il soit mis fin aux manoeuvres.