Mercredi, 17 Octobre, 2018

Je suis heureux d'en finir — David Goodall

M. Goodall a déclaré que son décès était programmé pour jeudi midi M. Goodall a déclaré que son décès était programmé pour jeudi midi
Manon Joubert | 11 Mai, 2018, 00:53

Un scientifique australien de 104 ans, qui doit recourir à un suicide assisté dans une clinique suisse jeudi 10 mai, a poussé la chansonnette devant les journalistes à la veille de sa mort.

"Le professeur David Goodall s'est éteint paisiblement d'une injection de Nembutal", a écrit sur sa page Twitter le Dr Nitschke qui lui avait proposé le soutien de son organisation.

David Goodall, 104 ans, ne souffre d'aucune maladie en phase terminale, mais juge que sa qualité de vie s'est détériorée et qu'il est temps de partir. Mais devant leur refus, il a décidé de voyager dans le pays helvétique où plusieurs associations offrent ce service d'"assistance au suicide". "Un exil qu'il ressentait avec amertume".

Il attend avec impatience de pouvoir enfin se donner la mort. Ce chercheur associé honoraire à l'Université Edith Cowan de Perthil avait quitté l'Australie la semaine dernière pour rendre visite à son fils à Bordeaux (France), avant d'arriver lundi en Suisse. "Je ne veux plus continuer à vivre", avait-il expliqué aux journalistes jeudi, au cours d'une conférence de presse durant laquelle il s'était montré joyeux. Pour montrer qu'il ne ressentait pas de tristesse, ni de regret de quitter la scène, il s'était mis à chanter, d'une voix encore forte, un extrait en allemand de l'Hymne à la joie de la 9e symphonie de Beethoven, sa musique préférée, une performance saluée par des applaudissements. David Goodall devra lui-même ouvrir la valve qui libèrera le produit létal dans son sang.

Exit international a indiqué que David Goodall ne souhaitait pas d'enterrement. Le centenaire espérait que l'intérêt suscité dans les médias par son cas aura pour effet de pousser l'Australie et d'autres pays à revoir leur législation. L'aide au suicide est illégale dans la plupart des pays.

Pour une fois, on peut se réjouir de la mort de quelqu'un, sans le moindre esprit de provocation.