Mardi, 14 Août, 2018

Giuseppe Conte jette l'éponge, un retour aux urnes se précise — Italie

Giuseppe Conte la mine basse devant des drapeaux de l'Italie et de l'Union européenne Italie: un novice en politique pour former le gouvernement
Manon Joubert | 28 Mai, 2018, 02:57

" Le président de la République, Sergio Mattarella, a reçu cet après-midi le professeur Giuseppe Conte, auquel il a donné le mandat pour former le gouvernement", a déclaré à la presse le secrétaire général de la présidence, Ugo Zampetti.

Giuseppe Conte a jeté l'éponge.

Sergio Mattarella doit désormais nommer un autre chef de l'exécutif, pour former ce que les Italiens appellent un "gouvernement du président". Cette équipe technique, qui n'aura probablement pas l'approbation de la Chambre, s'occupera des affaires courantes en attendant d'autres élections, dans les prochains mois.

Réagissant au renoncement de Giuseppe Conte, Matteo Salvini émet un jugement sévère contre le président italien, sous-entendant une influence allemande et française pour avoir refusé le nom de Paolo Savona: "Nous avons travaillé pendant des semaines, jour et nuit, pour faire naître un gouvernement qui défende les intérêts des citoyens italiens".

Les vainqueurs des législatives du 4 mars, la Ligue (extrème-droite) de Matteo Salvini, 45 ans, et le Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème) de Luigi Di Maio, 31 ans, souhaitent la nomination de Paolo Savona, 81 ans, un économiste eurosceptique, ce à quoi le président Mattarella s'est jusqu'à présent refusé.

Les marchés s'inquiètent de la constitution d'un gouvernement eurosceptique dont la politique menacerait les fragiles finances publiques italiennes. L'agence de notation craint les retombées sur les finances publiques des projets budgétaires de la nouvelle coalition au pouvoir. "C'est un expert absolu en simplification, "débureaucratisation", rationalisation de la machine administrative que tant de nos entreprises demandent", assure Matteo Salvini, patron de la Ligue.

"Il y a un grand problème en Italie: la démocratie", a pour sa part estimé Luigi Di Maio. "Mais quelqu'un (sur la pression de qui?) nous a dit non", a-t-il ajouté, sur les réseaux sociaux. "Disons-le clairement qu'il est inutile d'aller voter, puisque les gouvernements ce sont les agences de notation, les lobbies financier et bancaire qui les font". Une solution qui ne changera rien au schéma car selon les derniers sondages, 61% des Italiens soutiennent la Ligue et le M5s.

De son côté, Sergio Mattarella a déclaré lors d'une allocution télévisée ne pas être celui à blâmer pour l'impasse politique.

Cette détermination ne semble pas toutefois ébranler le chef de l'Etat pour qui, il en va de la défense de la Constitution et des prérogatives du président. Il n'a pas voulu se prononcer sur la tenue ou non d'élections anticipées.

"Dans une démocratie, si nous sommes toujours en démocratie, il n'y a qu'une seule chose à faire, laisser les Italiens avoir leur mot à dire", a-t-il dit devant des partisans rassemblés dans le centre de l'Italie. Sa désignation au poste de chef du gouvernement ne devrait pas manquer d'attirer les foudres des partis antisystème.