Mercredi, 17 Octobre, 2018

Faible mobilisation pour les législatives — Liban

Face au Hezbollah des listes surréalistes pour les prermières élections depuis 2009 Face au Hezbollah des listes surréalistes pour les prermières élections depuis 2009.- Chloé Domat
Manon Joubert | 08 Mai, 2018, 00:45

Selon un calcul effectué par Reuters sur la base des résultats préliminaires, le Hezbollah et ses alliés devraient disposer d'au moins 67 sièges au Parlement.

Pour la première fois de son histoire, le Hezbollah pourrait décrocher avec ses alliés la majorité au Parlement libanais.

Parmi les candidats vedettes du Hezbollah qui ont été élus figure notamment Jamil Al-Sayyed, un général chiite à la retraite et ancien chef des services secrets libanais et un ami du président syrien Bachard Al-Assad. "C'est vrai que le Hezbollah a un bloc parlementaire d'une quinzaine de députés, et qu'il détient des armes illégitimes, mais cette question se pose sur la scène régionale, pas locale".

Les principaux acteurs de ces élections sont le Courant du Futur, dirigé par le Premier ministre sunnite sortant Saad Hariri, le Courant patriotique libre, fondé par le président chrétien sortant Michel Aoun et dirigé par son beau-fils Gebran Bassil, le Hezbollah, la puissante faction politique chiite soutenue par l'Iran, le mouvement chiite Amal, dirigé par le président du Parlement Nabih Berri, qui est en place depuis 1992, ainsi que les Forces libanaises, opposants chrétiens au Hezbollah. Malgré cette participation décevante d'un électorat qui comptait environ 800.000 nouveaux électeurs, l'actuelle loi électorale, plus représentative, doit permettre l'entrée au parlement d'une liste de la société civile, qui devrait remporter deux sièges (sur 128).

Ces élections étaient les premières depuis l'éclatement de la guerre dans la Syrie voisine en 2011, un conflit ayant amené plus d'un million de réfugiés au Liban, un pays dont la population est évaluée à 4,5 millions de personnes.

Concernant le succès remporté par le Hezbollah, et les déclarations du ministre israélien de l'Education, qui a affirmé plus tôt dans la journée que le Liban se confond avec le parti chiite, M. Hariri a souligné que "le Liban, c'est le gouvernement et la distanciation".

"Le problème de cette loi électorale, c'est que plein de gens ne l'ont pas comprise", a-t-il assuré, s'exprimant sur un ton décontracté, plaisantant avec les journalistes.

Le peu d'enthousiasme des électeurs, en dépit de nombreux appels au vote par les candidats, s'est quant à lui traduit par une baisse du taux de participation, qui avoisinait les 49,2 %, contre 54 % aux législatives de 2009. Il reste donc favori pour se succéder à lui-même à ce poste qui est réservé aux sunnites par la constitution du pays.

Les autres fonctions de l'État sont aussi dévolues à certaines confessions pour assurer la représentativité confessionnelle à la tête de l'État.

Le Liban a tenu dimanche ses premières élections législatives en près d'une décennie.

Le Hezbollah se donne communément le nom de "Résistance" en référence notamment à sa lutte contre Israël. Entre 20.000 et 30.000 policiers et soldats seront déployés pour sécuriser le vote, a annoncé le ministère de l'Intérieur, dans un pays frappé ces dernières années par des attentats meurtriers.