Jeudi, 16 Août, 2018

ETA achève son processus de dissolution à Cambo-les-Bains — Pays Basque

Vincent West  Reuters                       L'ETA annonce sa dissolution dans une lettre publiée par un journal espagnol Vincent West Reuters L'ETA annonce sa dissolution dans une lettre publiée par un journal espagnol
Manon Joubert | 05 Mai, 2018, 01:48

La séance de dissolution, qui se tenait à huit-clos, a débuté par une minute de silence en hommage aux victimes d'ETA, avant une déclaration officielle, symboliquement lue en basque par une "jeune femme de Guernica" devant la villa Arnaga. L'organisation a renoncé à la lutte armée en 2011 et déposé les armes en 2017 en remettant une liste de caches à la justice française. Elle avait dit dans un communiqué diffusé le 20 avril regretter "les torts causés", mais ne demandait pardon qu'aux victimes qui n'étaient pas parties au "conflit", laissant entendre que les autres étaient des cibles légitimes.

"L'ETA devait (cette dissolution) à la société basque et à l'ensemble de l'humanité", a déclaré hier le président de la région basque, le nationaliste Iñigo Urkullu, dans une interview au journal El Pais.

À Cambo-les-Bains, des experts internationaux ont lancé un appel à la "réconciliation" en "tournant la page".

"Nous vivons une journée historique, nous vivons la fin du dernier conflit en Europe", a estimé dans une déclaration lue à la tribune, l'ancien secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan, l'un des parrains du processus.

Mais dans une " déclaration finale ", datée du jeudi 3 mai et remise à la presse, l'ETA a officiellement annoncé sa dissolution, mettant ainsi fin à toutes ses activités politiques.

A la tribune de Cambo-les-Bains, on attend le Nord-Irlandais Gerry Adams, ancien dirigeant du Sinn Fein pendant 34 ans, qui milite contre la souveraineté britannique en Ulster; l'ancien Premier ministre irlandais Bertie Ahern, l'homme politique mexicain Cuauhtémoc Cardenas, et Jonathan Powell, diplomate britannique. Une façon de répondre à la revendications des indépendantistes basques concernant le rapprochement des quelques 300 prisonniers de l'ETA de leurs familles.

Face à ces réclamations, Madrid a continué à faire la sourde oreille.

Le Groupe international de contact (GIC), qui joue les médiateurs dans le dossier basque, a exhorté vendredi le gouvernement espagnol à faire preuve d'ouverture, notamment sur le sort des prisonniers basques, afin de permettre la réconciliation. Elle n'a rien obtenu [.] en assassinant des centaines de personnes ni quand elle a arrêté de tuer parce que sa capacité d'action avait été anéantie par les forces de sécurité et elle n'obtiendra rien de nouvelles opérations de propagande. "(.) Il n'y aura pas d'impunité", a martelé Mariano Rajoy. Comme le Collectif des victimes du terrorisme (Covite) qui exige que l'ETA condamne la terreur et aussi qu'elle fasse la lumière sur 358 crimes encore inexpliqués.

L'Union européenne s'est également félicitée de la fin de la dernière insurrection armée sur son sol.