Vendredi, 17 Août, 2018

Emmanuel Macron franchit la ligne rouge

Le président Emmanuel Macron à Nouméa Nouvelle Calédonie le 3 mai 2018 Le président Emmanuel Macron à Nouméa Nouvelle Calédonie le 3 mai 2018
Manon Joubert | 08 Mai, 2018, 00:40

C'est une phrase qui devrait faire parler. Dans le documentaire "Macron Président, la fin de l'innocence" diffusé lundi 7 mai sur France 3, le Président n'épargne pas les pourfendeurs de la baisse des aides personnelles au logement (APL). Le président la met en regard des "valeurs " pour lesquelles le colonel Beltrame est mort lors des attentats de Trèbes.

"L'histoire de notre pays, c'est une histoire d'absolu, c'est un amour de la liberté au-delà de tout, c'est une volonté de l'égalité réelle", a-t-il également ajouté.

Sonia Devillers estime pour sa part qu'Emmanuel Macron donne l'impression d'être "un peu méprisant" pour les Français, à travers plusieurs interventions diffusées dans le documentaire.

"Nous sommes la France, et la France est un pays qui ne se réforme pas, on est un pays qui se cabre", ajoute Emmanuel Macron, en faisant observer "qu'il y a en nous un goût romantique pour la lutte qui fait que, quand bien même ces statuts ne sont pas pour nous, on vit dans l'idée de pouvoir un jour les obtenir, on aime la lutte de celui qui les protège". Sur son compte twitter, l'élu de la France Insoumise a évoqué un message du Président "petit et indigne de sa fonction". Un extrait audio diffusé par France Inter et relayé par Sud ouest a rapporté ces propos du chef de l'Etat. Le Premier ministre Édouard Philippe avait qualifié de " pas intelligent " ce coup de rabot, qui représente une économie mensuelle de 32,5 millions d'euros pour l'État. Cette décision avait été vivement critiquée par les associations de défense des mal-logés, certains syndicats, les bailleurs sociaux et de nombreux opposants politiques. Mais il l'avait justifié par la nécessité de réaliser les économies prévues dans le budget 2017 par la majorité précédente. Ainsi, le secrétaire d'Etat à la Cohésion des territoires Julien Denormandie a estimé sur France 3 dimanche 6 mai que cette mesure était une "mauvaise décision". Au fond, il dit que la lutte d'Arnaud Beltrame n'est pas comparable à une lutte plus confortable, qui est celle des APL.