Samedi, 26 Mai, 2018

Des élections sur fond de tensions entre Washington et Téhéran — Irak

L'Irak est le deuxième plus important producteur de l'Opep avec 153 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole. Ravagé par les guerres l'Irak estime avoir besoin de 88 milliards de dollars pour sa reconstruction.
(crédit Plus de 24 millions d'Irakiens attendus pour élire leur nouveau Parlement
Manon Joubert | 13 Mai, 2018, 10:11

Les bureaux de vote en Irak ont fermé samedi à 17h (heure française) lors des élections législatives, sans qu'aucun incident majeur n'ait été signalé dans un pays qui s'est récemment déclaré vainqueur du groupe État islamique (EI).

900 000 policiers et militaires sont mobilisés pour surveiller un scrutin sous haute tension, notamment après l'assassinat d'un candidat aux législatives le 7 mai, revendiqué par l'EI. Les 329 sièges de députés seront attribués proportionnellement au nombre de voix et les candidats élus en fonction de leur position sur les listes.

Dans différents quartiers de Baghdad, la police bloquait les rues menant aux bureaux de vote tandis que la capitale, habituellement embouteillée, était déserte, car la circulation y est interdite.

Les bureaux de vote, au nombre de 8 443 bureaux ont ouvert leurs portes, tôt ce matin, pour un scrutin qui doit départager 87 listes dans les 18 gouvernorats.

Les résultats du vote devraient être connus lundi.

La configuration de ces élections est inédite car, pour la première fois, les partis chiites ne se présentent pas sur une liste commune, en raison d'une lutte féroce pour le pouvoir entre les hommes forts de cette communauté, majoritaire en Irak.

Face à M. Abadi, son prédécesseur Nouri al-Maliki, qui n'a pas digéré d'avoir été écarté en 2014, et Hadi al-Ameri, un proche de l'Iran qui a même combattu sous son drapeau dans la guerre avec l'Irak (1980-1988), sont sur les rangs.

Autre nouveauté: les Kurdes risquent de perdre au moins une dizaine de sièges sur les 62 de la législature précédente et de perdre leur statut de faiseurs de rois.

En rétorsion au référendum d'indépendance de septembre, Bagdad leur a repris les zones disputées dont la province pétrolière de Kirkouk.

Les dirigeants kurdes ont ainsi appelé à l'unité, sans laquelle "nous n'aboutirons à rien", a prévenu le Premier ministre du Kurdistan Netchirvan Barzani. L'Irak est en effet rongé par une effroyable corruption et la population accuse la classe politique de confondre ses poches avec celles de l'Etat.