Jeudi, 16 Août, 2018

" Une situation qui reste critique", selon notre expert — Syrie

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence Les frappes militaires sur la Syrie ont cessé
Manon Joubert | 16 Avril, 2018, 01:33

"Il y a 10 jours, le président Trump disait les Etats-Unis d'Amérique ont vocation à se désengager de la Syrie, nous l'avons convaincu, nous l'avons convaincu qu'il était nécessaire d'y rester (.), je vous rassure, nous l'avons convaincu qu'il fallait rester dans la durée", a-t-il déclaré. Ces trois pays membres du Conseil de sécurité ont outrepassé le droit international et fait fi des Nations unies.

La mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), basée à La Haye, est arrivée à Damas samedi, en pleine poussée de tension entre les Occidentaux et le régime syrien allié à la Russie.

Le président américain a salué d'un tweet matinal une frappe "parfaitement exécutée" dont "le résultat n'aurait pu être meilleur".

L'annonce s'était rapidement révélée prématurée, et depuis les responsables politiques américains évitent soigneusement tout recours à cette formule.

Selon une correspondante de l'AFP à Damas, centre du pouvoir de M. Assad, les explosions ont été suivies par des bruits d'avions tandis que des colonnes de fumée se sont élevées du nord-est de la capitale syrienne. Les frappes ont duré environ 45 minutes.

Selon l'armée russe, la défense antiaérienne syrienne a intercepté 71 missiles de croisière sur 103.

Dans ces "circonstances dangereuses" qui font craindre une "escalade militaire totale", le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé à la "retenue". "Donc on reste encore un peu, mais ce n'est pas vraiment une stratégie pour la Syrie, il s'agit seulement d'un volet du conflit syrien". "Elle a abattu l'arrogance américaine", lançait fièrement Nedher Hammoud, 48 ans.

Dans la journée, l'armée a annoncé la reprise totale de la Ghouta orientale.

Le régime et l'allié russe ont toujours nié toute responsabilité, dénonçant des "fabrications" rebelles.

"Bien sûr qu'ils sont complices, ils n'ont pas eux utilisé le chlore mais ils ont construit méthodiquement l'incapacité de la communauté internationale par la voie diplomatique à empêcher l'utilisation d'arme chimique", a-t-il souligné.

Avant les frappes, Washington avait assuré avoir "la preuve" de l'utilisation d'armes chimiques par le régime.

Plusieurs personnalités politiques françaises ont critiqué la légalité de cette opération militaire qui fera l'objet d'un débat sans vote des parlementaires français lundi à partir de 17H00 (15h00 GMT), a annoncé dimanche le président de l'Assemblée nationale française, François de Rugy.

La Russie, soutien politique et militaire du pouvoir syrien, a répliqué aux frappes sur le terrain diplomatique.

"La base légale aurait été l'autodéfense ou l'autorité du Conseil de sécurité de l'Onu".

Le président français s'est une nouvelle fois entretenu samedi après les frappes avec son homologue américain et la Première ministre britannique Theresa May. Ces objectifs étaient restreints au programme chimique du régime Assad, avec refus de frappes plus " politiques " à l'encontre de son appareil dirigeant et répressif.