Mercredi, 15 Août, 2018

Une équipe de l'ONU essuie des tirs à Douma — Syrie

Edition numérique des abonnés Syrie, la défense aérienne intercepte des missiles au-dessus de Homs
Manon Joubert | 19 Avril, 2018, 01:43

La Mission d'établissement des faits de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), l'organe de veille de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques, a envoyé des équipes en Syrie pour enquêter sur les allégations d'attaque chimique à Douma le 7 avril. "Aujourd'hui, une équipe de sécurité de l'Onu s'est rendue à Douma pour évaluer la situation sécuritaire sur le terrain et si elle juge que la situation le permet, alors l'équipe d'enquêteurs pourra commencer son travail demain à Douma ".

En riposte à la présumée attaque chimique, les États-Unis ont lancé, dans la nuit de vendredi à samedi, des frappes militaires contre le régime syrien en compagnie des forces britanniques et françaises, dans le but de réduire les capacités syriennes en matière d'attaques aux armes chimiques. Damas et Moscou ont démenti toute implication, accusant les rebelles de "mise en scène" et réclamant une mission de l'OIAC pour enquêter sur des "allégations".

Les experts de l'OIAC ont débuté leur mission dimanche à Damas mais n'avaient pas encore pu se rendre à Douma.

L'ambassadeur de France aux Nations unies s'est engagé lundi à faire avancer un projet de résolution au Conseil de sécurité, dans le but de créer un nouveau mécanisme d'enquête sur l'emploi d'armes chimiques en Syrie.

Dans la capitale syrienne, fief du régime, des milliers de personnes ont envahi lundi la place des Omeyyades, fermée à la circulation pour l'occasion, brandissant drapeaux syriens et portraits du président Assad pour dénoncer les frappes occidentales.

Lundi, les Etats-Unis ont ainsi estimé que les Russes pourraient avoir "visité" et "altéré" le lieu de l'attaque présumée. Les détails sur la fusillade sont flous, mais les inspecteurs de l' OIAC ont fait preuve de prudence. Désormais, la priorité est le démantèlement total du programme chimique syrien, a déclaré l'ambassadeur français à La Haye, Philippe Lalliot. L'organisation a recensé 390 allégations d'utilisations de ces armes interdites depuis 2014, a-t-il dit, et l'incapacité d'agir de l'OIAC risquerait de permettre " la poursuite de l'utilisation barbare d'armes chimiques ". Cette commission avait établi que le régime syrien avait eu recours à du gaz sarin et à du chlore à plusieurs reprises. Ces missiles " étaient entrés dans l'espace aérien au-dessus de la province de Homs ". Ils tiennent le régime de Bachar Al-Assad pour responsable de l'attaque du 7 avril.

L'agence Sana a fait état mardi d'un nouvel accord d'évacuation d'"un millier" de combattants du groupe Jaich al-Islam de Doumeir, près de Damas. Ils doivent être évacués dans le nord du pays, en zone rebelle.

"L'Union européenne va continuer d'envisager de nouvelles mesures restrictives envers la Syrie tant que la répression se poursuivra", ont déclaré les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Huit après leur réunion à Luxembourg, en faisant allusion à des sanctions économiques.