Lundi, 23 Juillet, 2018

Une mobilisation pour soutenir les zadistes de Notre-Dame-des-Landes — Bordeaux

Patrouille de gendarmes près de la ZAD de Notre-Dames-des-Landes le 6 avril 2018 Patrouille de gendarmes près de la ZAD de Notre-Dames-des-Landes le 6 avril 2018
Manon Joubert | 11 Avril, 2018, 04:24

Après une première journée marquée par des affrontements lundi, les forces de l'ordre ont relancé l'opération d'évacuation de la Zad tôt mardi matin. "Les Cent noms n'ont pas déposé de projet agricole", avait déjà déclaré la préfète lundi, assurant aussi que seules les installations précaires seraient détruites et "rien qui soit en dur".

Début du deuxième jour d'opérations.

Selon les occupants, une centaine de camions de gendarmes mobiles, blindés, tractopelles sont revenus mardi matin sur la ZAD. Une enquête en flagrance du chef de "violences aggravées" a été ouverte à ce sujet. La zone était survolée par un hélicoptère. La gendarmerie progresse lentement.

Vers 05H30 GMT mardi, alors que les opérations avaient repris depuis un peu plus d'une heure, les gendarmes ont lancé plusieurs grenades assourdissantes et effectué des tirs de gaz lacrymogènes. "Cassez-vous, cassez-vous! ", hurlaient à leur adresse les zadistes, qui ont riposté par des jets de projectiles, des cocktails molotov et des tirs de fusées. Les gendarmes ont été contraints de reculer dans ce secteur. Selon l'équipe médicale des zadistes, six opposants à l'évacuation ont été blessés par des projectiles, dont cinq aux jambes et un à la tête.

Des gendarmes repoussent sans ménagement un opposant aux expulsions de la ZAD. Un collectif d'une vingtaine d'occupants, exerçant sur la ZAD des activités agricoles ou para-agricoles, déclarées pour certaines, a eu plusieurs réunions avec la Direction départementale des Territoires et de la Mer (DDTM), et a sollicité il y a une quinzaine de jours un rendez-vous avec la mutualité sociale agricole (MSA) pour se "mettre en conformité", a pour sa part indiqué Sarah.

"S'enraciner" sur les lieux. "Nous ne voulons pas d'un Rémi Fraisse (un jeune tué par une grenade offensive lors d'affrontements à Sivens en 2014, ndlr)", a-t-il affirmé. Ils appellent "tous ceux qui le peuvent à se rendre sur place dès l'aube" mardi "pour faire obstacle" aux forces de l'ordre. Les gendarmes parlent, eux, de dix blessés.

Cette opération de grande ampleur prévoit d'expulser toute personne n'ayant pas régularisé sa situation, en déclarant par exemple de nouveaux projets agricoles individuels. Sept personnes ont été interpellées, dont une pour violence sur agent de la force publique.