Jeudi, 18 Octobre, 2018

Quand Kouider se vantait de connaître Donald Trump

Edition numérique des abonnés Meurtre de Sophie Lionnet: les aveux d'Ouissem Medouni
Manon Joubert | 28 Avril, 2018, 14:25

Les deux Français étaient persuadés que Sophie Lionnet, une jeune fille originaire de Troyes (sud-est de Paris) et décrite par tous comme timide et fluette, était la complice de Mark Walton, un ex-compagnon de Sabrina Kouider et membre fondateur du boys band Boyzone. Ils accusaient Sophie Lionnet de les droguer et de laisser entrer Mark Walton dans la maison pour qu'il abuse sexuellement des membres du foyer.

"A l'audience vendredi, la mère de famille de 35 ans a admis en pleurant avoir frappé "... "Elle disait qu'elle était désolée".

"Qu'est-ce qui aurait empêché Sophie de dire à la police: +ils sont fous, ils ne m'ont pas payée depuis des mois, ils m'ont retenue prisonnière, ils m'ont battue, mis la tête sous l'eau, et m'ont fait dire des choses absurdes+?" a interrogé le procureur.

Pour l'accusation, Sabrina Kouider et Ouissem Medouni avaient développé une obsession pour Mark Walton. Selon le médecin légiste, Sophie Lionnet souffrait de quatre fractures des côtes et une fracture du sternum faites peu avant sa mort. Mais les policiers n'avaient pas cru à la thèse du complot. Les abus que lui ont fait subir ses proches, ses rencontres avec Donald Trump, la persécution dont elle faisait l'objet de la part du père de son plus jeune fils, aidé par sa jeune fille au pair. Selon lui, Sophie Lionnet est morte suite à un interrogatoire que sa compagne aurait poursuivi sans lui. Il aurait été réveillé dans la nuit par Sabrina Kouider, qui lui aurait montré la victime inanimée dans la salle de bains en répétant "Qu'est-ce que j'ai fait?".

Le 20 septembre, les pompiers avaient trouvé Ouissem Medouni brûlant le corps dans son jardin. Sabrina Kouider et son compagnon Ouissem Medouni encourent la prison à vie. "Il était avec moi pour le sexe, rien d'autre, et l'argent", a-t-elle lancé.

Cinq jours plus tard, Sophie Lionnet a succombé aux énièmes coups de sa patronne avant d'être brûlée dans le jardin de leur appartement en pleine journée.

A 18 ans, elle ingurgite une quantité importante de somnifères pour oublier le viol dont elle avait été victime enfant mais elle insiste: "Je n'ai pas essayé de me suicider, je voulais juste oublier". "Je n'étais pas bien, je pensais à ce qui s'était passé avec mon oncle", a-t-elle raconté. "Étourdie", elle tombe du balcon et se blesse grièvement. Les yeux cernés, parlant d'une voix éteinte, l'accusée a aussi confié à l'audience qu'elle fumait du cannabis "de temps en temps, pour des raisons médicales". Lui affirme, dans un témoignage qui a été lu devant la cour ce vendredi, qu'ils sont restés ensemble six mois. Selon lui, Sabrina a une "double personnalité": "elle pouvait être adorable comme elle pouvait être détestable" et pouvait s'énerver "à cause d'un regard, d'une bêtise". Il qualifie ainsi Sabrina Kouider de "manipulatrice", capable de "charmer", de "mentir" et de s'en prendre aux "plus faibles".

En 2004, Sabrina Kouider s'installe à Londres, où elle exerce différents emplois: nounou, puis employée à la poste, vendeuse de crêpes avant de se lancer dans la mode.