Jeudi, 16 Août, 2018

Plus de 100 000 manifestants mobilisés contre la politique d'Emmanuel Macron — France

La CGT a appelé à une grève de trois mois dans le secteur de l'énergie La CGT a appelé à une grève de trois mois dans le secteur de l'énergie
Napoleon Lievremont | 22 Avril, 2018, 01:38

Cheminots, personnels hospitaliers, postiers, fonctionnaires, étudiants ont manifesté côte à côte, jeudi, partout en France. C'est moins que lors de la dernière journée de mobilisation des cheminots et fonctionnaires du 22 mars, où le syndicat avait annoncé 500 000 manifestants et la police 323.000. En plus des chiffres "police" et "organisateurs", un collectif de médias, dont Europe 1, publiera son propre comptage des manifestants des deux villes, réalisé par le cabinet Occurrence. Sur le boulevard Saint-Jacques, les policiers ont notamment essuyé des jets de projectiles et ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. La façade d'un hôtel a été endommagée par des personnes cagoulées, ainsi que de nombreuses vitrines, notamment celles d'agences bancaires ou de compagnies d'assurances, et du mobilier urbain.

"On est dans un bouillonnement social", a constaté quant à elle Mireille Stivala, secrétaire générale de la CGT Santé. Sur la ligne A du RER, trois trains sur quatre sont prévus (un sur deux sur la branche Cergy-Poissy, exploitée par la SNCF). En somme, l'émeute a affecté plusieurs secteurs, le secteur de l'énergie, certaines crèches et écoles, les transports publics, ainsi que l'audiovisuel public. A Air France, le conflit se durcit, pour des revendications salariales cette fois et non contre une réforme Macron: après neuf jours de grève depuis février, les syndicats ont appelé à "accentuer" le mouvement. En dehors du monde du travail, des facultés sont occupées ou bloquées par des opposants à la réforme "Parcoursup", accusée d'instaurer une "sélection" à l'entrée à l'université.

Désormais, la CGT et Solidaires espèrent construire un front unique à partir de ces colères. Une " coagulation " des " mécontentements " à laquelle ne croit pas le président Emmanuel Macron.

Il y a un aspect crucial sur lequel le gouvernement va continuer à appuyer pour essayer d'empêcher cette convergence: "il veut empêcher l'unité syndicale autour d'un mouvement plus vaste, ce qu'il n'est toujours pas parvenu à faire côté SNCF".

Dans le sillage des annonces du gouvernement sur la filialisation du fret et la fin de l'embauche au statut de cheminot à compter de 2020, Laurent Berger, qui réfute par ailleurs une logique de convergence, met en garde contre un passage en force.