Mardi, 24 Avril, 2018

Onze milliards de dollars pour aider le Liban

Liban – Conférence CEDRE (6 avril 2018) 550 millions d'euros pour le Liban
Manon Joubert | 07 Avril, 2018, 12:29

La Banque européenne d'investissement (BEI) s'est engagée pour 800 millions de dollars, le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe pour 700 millions de dollars et la Banque de reconstruction et de développement (BERD) via un prêt de 1,1 milliard de dollars sur six ans. Cette conférence Cedre intervient à un mois des élections législatives du 6 mai, les premières depuis neuf ans, qui doivent parachever la stabilisation politique du Liban après des années de crise.

La France va elle octroyer 400 millions d'euros de prêts concessionnels et 150 millions d'euros de dons qui financeront "des projets d'infrastructures prioritaires".

L'Arabie saoudite est en effet soupçonnée d'avoir poussé Saad Hariri à la démission en novembre 2017 en raison de l'influence croissante du Hezbollah et, à travers lui, de l'Iran au Liban.

La communauté internationale s'est engagée vendredi à mobiliser 11 milliards $US en prêts et dons en faveur du Liban, afin de moderniser l'économie du pays et de renforcer sa stabilité, menacée par les crises régionales.

"Mais le Liban n'est pas une île".

Côté européen, la France a promis 550 millions d'euros, les Pays-Bas, 300 millions, le Royaume-Uni, 130 millions et l'Italie, 120 millions. M. Hariri avait finalement rejoint Beyrouth après une médiation de Paris et repris sa démission. "Dans cet effort, le Liban ne pourra pas réussir seul", a insisté Saad Hariri, mettant en garde contre un risque d'instabilité pour l'ensemble de la région. "Il combat le terrorisme à ses frontières et en son sein et, avec plus d'un million de réfugiés, il a pris plus que sa part du fardeau de l'exil syrien", a quant à lui relevé le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian. L'afflux de réfugiés syriens - qui représentent un quart de la population - affecte aussi gravement l'économie, les infrastructures et les secteurs sociaux libanais, déjà très fragiles.

Avant la conférence, les autorités ont adopté in extremis leur nouveau budget 2018 qui prévoit un déficit de 4,8 milliards de dollars contre 2,3 milliards en 2011, au début de la crise syrienne.

Le Premier ministre libanais a de son côté promis de "réduire le déficit budgétaire de 5 points par rapport au PIB sur les cinq années à venir" et s'est engagé sur un plan de réformes concernant notamment la régulation des transports, des télécommunications, la mise en oeuvre de la justice et la lutte contre la corruption.

La croissance s'y est élevée en moyenne à 1,1 % au cours des trois dernières années, contre plus de 9 % à la veille de la guerre syrienne, tandis que la dette publique culmine à 150 % du PIB, le taux le plus élevé à l'échelle mondiale après le Japon et la Grèce. Le secteur privé sera aussi mobilisé, à hauteur d'un tiers des investissements sur la première phase de quatre ans, espère-t-on à Paris.

Au total, les besoins du Liban sont estimés à 23 milliards de dollars sur 12 ans.

La communauté internationale a déjà?uvré au renforcement de l'armée libanaise lors de la conférence de Rome le 15 mars et doit faire un geste pour le million de réfugiés syriens au Liban le 25 avril à Bruxelles.