Jeudi, 16 Août, 2018

Nouveaux affrontements, le gouvernement ne lâche rien — NDDL

Environ 2 500 gendarmes sont mobilisés pour cette opération d'évacuation.                  LOIC VENANCE AFP Environ 2 500 gendarmes sont mobilisés pour cette opération d'évacuation. LOIC VENANCE AFP
Manon Joubert | 13 Avril, 2018, 01:25

Mardi soir, le député des Bouches-du-Rhône François-Michel Lambert a demandé s'il n'était "pas temps de faire une pause dans l'opération". Les gendarmes continuaient de sécuriser les alentours de la Zad. "Il y aura maintenant dans les prochains jours un travail sous l'autorité de la préfète qui consiste à permettre aux projets agricoles légaux organisés de se faire", a déclaré au journal de 13 h de TF1 jeudi le président de la République Emmanuel Macron. Stoppés par une barricade, ils ont été attaqués au moment où ils faisaient demi-tour.

Puis le calme est revenu sur la ZAD en milieu d'après-midi, ont constaté les journalistes de l'AFP.

De violents affrontements ont à nouveau éclaté ce mercredi dans l'ouest de la France entre forces de l'ordre et occupants de terrains initialement destinés à la construction d'un aéroport, au troisième jour d'une opération massive destinée à les déloger. Quatorze gendarmes ont été blessés, selon un nouveau bilan du ministère de l'Intérieur, dont quatre après un tir manqué de grenade avec effet de souffle et lacrymogène, tandis qu'une dizaine souffrent également d'acouphènes. Des sites symboliques ont été détruits à l'image de la ferme des "100 noms".

Le tribunal de grande instance de Nantes, qui a examiné cette affaire jeudi matin, rendra sa décision vendredi. Plusieurs centaines de militaires étaient mobilisés pour cette opération de masse qui s'est principalement déroulée le long de la "route des Fosses Noires", qui relie les deux axes principaux coupant la ZAD, la D281, ex-"route des chicanes", et la D81 au niveau du carrefour de La Saulce.

En détruisant les lieux de vie installés autour d'une route où se cristallisaient les tensions depuis l'abandon du projet d'aéroport en janvier, les gendarmes ont détruit au passage des projets agricoles collectifs. Se disant "choqu (és)" par "l'intervention brutale de près de 2.500 gendarmes", les eurodéputés soulignent que "les expulsions et les destructions sans discernement créent une situation de violence dont personne ne maîtrise les conséquences potentiellement dramatiques et vont miner durablement la mise en place de projets multiples et constructifs tournant la page d'années de résistance". Elle aura lieu samedi avant l'appel à "reconstruire" sur la Zad lancé dimanche.