Dimanche, 22 Juillet, 2018

Matignon se défend après un incident avec "Les Echos" — Interview trop amendée

Un train de la SNCF CC BY-SA 2.0 Nelso Silva Le rôle de l'UE dans l'avenir de la SNCF? Les Français décryptent les raisons de la grève
Napoleon Lievremont | 04 Avril, 2018, 00:47

Interviewer un ministre: mission impossible pour la presse écrite? Une pratique qui s'est notamment illustrée dans le cadre de la réforme -conflictuelle- de la SNCF.

En clair: l'interview avait été envoyée à Matignon pour une relecture, et les services du Premier ministre ont tellement changé le sens que le journal a préféré faire l'impasse dessus. Mais le risque avec ceux qui viennent du terrain et non des milieux politiques serait qu'ils se laissent aller à faire des déclarations qui n'arrangeraient pas le gouvernement. Lundi soir, le quotidien économique avait révélé avoir renoncé à publier une interview "pourtant prudente" d'Élisabeth Borne car elle avait été "tellement réécrite par les services du Premier ministre". Faire relire une interview donnée par un ministre, sinon par son ministère, jusqu'à Matignon, afin de s'assurer que cette dernière corresponde à la doxa du gouvernement.

Marianne rappelle ainsi un édito du Rédacteur-en-chef de La Voix du Nord Patrick Jankielewicz paru en janvier. "Dernièrement, on nous a renvoyé un texte totalement 'caviardé', coupant des réponses qui avaient été faites et ajoutant des questions qui n'avaient pas été posées!".